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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

M. Martinez de la Rosa fut désigné à Christine comme-le successeur naturel de M. Zéa. Mais on ignorait sa de-meure : il fallut le chercher dans tout Madrid ; et ce futseulement au bout de deux jours qu’on put le tirer de sonobscurité volontaire pour le faire monter sur une desscènes les plus agitées de l'Europe. Les Espagnols s'atten-daient à Tinauguration du régime constitutionnel : le nou-veau ministre ne trompa point leur attente. Sous le titrede statut royal , il publia une espèce de contrefaçon labo-rieuse et forcée de cette charte française qui n’était elle-même qu’une copie maladroite de la constitution britan-nique. Chose bizarre! La Eranee, dont le sol est couvertdes ruines de l’aristocratie, avait emprunté les bases fon-damentales de sa constitution politique à l’Angleterre, quel'aristocratie possède et pénètre; et voilà que le mêmeemprunt était fait à la France , où la bourgeoisie indus-trielle est tout, par l’Espagne , où la bourgeoisie industriellen'est rien ! Pour condamner l’œuvre de M. Martinez de laRosa, ce double rapprochement suffit. Aussi le statut, royalne fut-il adopté qu’après avoir subi les plus rudes atta-ques. Une opposition non moins vive se déclara contrele décret qui organisait les milices. On reprocha auministère espagnol d’avoir restreint aux communes de700 feux le droit de posséder une milice; on lui re-procha d'avoir fermé aux citoyens les plus pauvres lesrangs de cette armée nationale, exclusion offensante pourle peuple, et qui semblait livrer la révolution sans défenseau carlisme redoublant de vigueur et multipliant ses coups.Le reproche était juste, quoiqu’empreint d’exagération.Le gouvernement des tempêtes n’appartient pas à ceuxqu'elles font pâlir. Les révolutions ne se sauvent que par