CHAPITRE VI.
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l’emploi de toutes leurs ressources ; trop de circonspectionles compromet, la défiance les perd. Quant aux accusa-tions que M. Martinez de la Rosa encourut pour avoirvoulu mettre un frein à la licence des journaux, elles man-quaient de bonne foi ou d’intelligence. La liberté de lapresse est la force dans la paix -, c’est, s’il est permis des’exprimer ainsi, le mouvement des sociétés au repos. Entemps de guerre civile et au milieu du choc des factionsarmées, la liberté absolue de la presse est le commence-ment de l'impuissance, parce qu’elle est l'aliment de l’anar-chie. Quoi qu’il en soit, les tendances que révélaient lesmesures prises par le ministère espagnol étaient évidem-ment de nature à créer entre lui et le Cabinet des Tuileriesune communauté d’intérêts de plus en plus étroite. Mais,quoique ami de la France , M. Martinez de la Rosa ne pou-vait la savoir si près de lui sans prendre ombrage de saforce et sans redouter son ascendant. L’Angleterre, pluséloignée, l’attirait davantage, par cela seul qu’elle avaitmoins de prise sur l’indépendance espagnole. De là lesrelations qui devaient aboutir au traité de la Quadruple-Al-liance.
Que, dans la querelle qui troublait le Portugal , le droitfût du côté de dona Maria ou du côté de don Miguel,M. Martinez de la Rosa s’en inquiétait peu. Il ne haïssait,il n'avait juré de combattre énergiquement, dans le filspuîné de la moderne Agrippine , que le protecteur de donCarlos, sujet félon et prince rebelle. Mais c’en était assezpour qu'il prît, contre don Miguel, les mesures les plusvigoureuses. Ainsi, la politique de l’Espagne à l’égard duPortugal s’était subitement transformée. Favorisé parM. Zéa, don Miguel allait être poursuivi sans relâche par