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HISTOIRE DE DIX ANS.
le nouveau ministre d’Espagne . Et il y eut cela d’étrangedans le soudain revirement qui venait de s’opérer, queles mêmes instruments servirent à l'accomplissement desdesseins les plus contraires. M. Zéa-Bermudez avait ras-semblé une armée espagnole qu’il se proposait de poussercontre don Pedro : M. Martinez de la Rosa résolut de làfaire marcher contre don Miguel; et comme l’ambassa-deur anglais l’y engageait avec instance, à son tour ilinvoqua la coopération d’une armée anglaise. L’ambassa-deur répondit que le Cabinet de Saint-James se trouvaitdans l’impossibilité de prendre une détermination aussigrave; que son intluence sur le parlement était trop com-battue, son existence trop incertaine, pour qu'il risquâtune telle partie. « Eli bien, dit M. Martinez de la Rosa,« que l’Angleterre au moins nous fournisse de l’argent ;« car nos caisses sont vides. —Cela même, répondit l’am-« bassadeur anglais , mon gouvernement le voudrait en« vain. » Rlessé, M. Martinez de la Rosa déclare alors quel’Espagne interviendra seule, mais quand elle voudra etcomme elle voudra. La situation était pressante : l’ordrede franchir la frontière fut expédié à Rodil, et le marquisde Miratlores eut mission d'en instruire le Cabinet de Saint-James.
Les Anglais étaient trop jaloux de leur séculaire et dé-vorant patronage sur le Portugal pour souffrir que, sanseux, on mît la main dans les affaires de ce pays. De soncôté, l’Espagne n’ignorait pas quelle force morale donne-rait à son entreprise l’adhésion des Anglais consacrée so-lennellement par un traité. Ce double intérêt fixa le pointde départ d’une négociation diplomatique entre les deuxPuissances, négociation dans laquelle fut naturellement