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HISTOIRE DE DIX ANS.
que mieux ce qu'ils valent, et combien est légitime notredroit à la conduire. D'ailleurs, l'opposition de ces hommesnous fatigue, elle nous harcèle de plus en plus, elle fini-rait par nous créer des obstacles sérieux. Réduisons-laausilence par une retraite qui, mettant au grand jour l’in-fériorité de nos adversaires, ne servira qu’à nous fairerentrer au pouvoir d’une manière triomphale. »
Ce projet devait plaire à M. Guizot , dont il remuaitl’àmedédaigneuse. M. Thiers , de son côté, soupirait aprèsquelques jours de repos. Car il se lassait aisément du pou-voir, précisément parce qu'il étaitdanssanaturedel’exer-cer avec beaucoup d’ardeur. Le Cabinet allait donc sedissoudre. Mais, parmi les ministres, il y en avait un quin’entrait pas dans le plan de ses collègues : c’était M. Per-sil, garde-des-sceaux. Ministre de la veille, il lui en coû-tait de faire, après une carrière si courte et sur un espoirincertain, le sacrifice de son ambition. Aussi sa résistancefut-elle opiniâtre, et, lorsque ses collègues offrirent leurdémission, il s’engagea entre lui et M. Thiers , en présencedu roi, un débat d’une violence extrême.
La crise ministérielle, comme il arrive souvent, se traînapendant plusieurs jours de péripéties en péripéties. Bienque le ministère, ainsi que nous venons de le dire, cares-sât avec complaisance l'idée de couvrir le tiers-parti deridicule en lui faisant place, on essaya diverses combinai-sons en vue du maintien du Cabinet. Mais à qui enconfier la direction? C'était là, sans contredit, la plusgrande des difiiculiés. M. Thiers était trop jeune, à cetteépoque, il était trop nouveau dans les affaires, pour qu’onsongeât à l’élever à la présidence du Conseil. M. Guizot ,à cause de son importance et de son âge, aurait pu pré-