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Tome quatrième.
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CHAPITRE VIII.

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On l’effrayait aisément en lui montrant l’émeute en pers-pective; car l’appel aux baïonnettes lui répugnait. D’ail-leurs , il subissait l’ascendant de certains détenus ; etM. Armand Marrast , entre autres, avait pris sur lui unempire dont rien n'égalait le spirituel et plaisant despo-tisme. M. Gisquet lui-même, quoique préfet de police,n'était pas sans adoucir, quand l’occasion s’en présentait,le sort des détenus. Ceux d’entre eux qui avaient besoinpour des affaires urgentes de quelques heures de liberté,obtinrent de lui, plus d’une fois, la permission de sortirsans escorte; et toutes les lettres adressées à des person-nages considérables ne restèrent pas sans réponse, commecelle que nous avons citée plus haut.

Malheureusement, la modération des agents supérieursdisparaissait souvent, pour ne laisser place qu’à la bruta-lité des subalternes, et les prisonniers étaient alors victi-mes des traitements les plus odieux. Souvent aussi, pourdes fautes très-légères, on infligeait aux prisonniers despunitions vraiment barbares. Onze jeunes gens, dont leplus âgé n’avait pas encore atteint sa vingtième année,furent un jour transférés de la prison de Sainte-Pélagie àcelle de la Force pour avoir violé la défense qui leur inter-disait le chant dans la cour du bâtiment neuf. Or, commeleurs camarades le firent remarquer dans une lettre ren-due publique, jeter ces enfants dans la prison de la Force,c’était les pousser dans une école de crime et de prostitu-tion ; c’était leur donner pour compagnons de chambréedes assassins, des voleurs, des êtres immondes ; c’était lesexposer à des propositions infâmes, presque toujours ap-puyées par la violence.

Un second ordre de transfèrement donné vers la fin du