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HISTOIRE DE DIX ANS.
mois de septembre provoqua des scènes révoltantes. Quel-ques prisonniers ayant été réintégrés de la Force à Sainte-Pélagie, leur retour avait excité dans cette dernière pri-son une joie mêlée de turbulence. On s’était promené brasdessus bras dessous en chantant la Marseillaise ; le soirvenu, on avait allumé dans chaque cour des poignées depaille et on s’était mis à danser autour des feux ; enfin,l’agitation continuant le lendemain, on avait forcé lesdeux guichets qui, delà cour du milieu, conduisent danscelle de la Dette et dans celle du bâtiment neuf. Un tel dé-sordre pouvait être réprimé ; mais, outre qu’il ne s’y mê-lait aucune idée de révolte, l’autorité semblait s’y êtreassociée elle-même en accordant la veille aux prisonniersle droit de rester libres jusqu’à dix heures du soir, et endécidant, sur leur demande, que, pendant la nuit, lesportes des corridors resteraient fermées. Quel fut doncl’étonnement des détenus lorsque, réunis le matin dans lacour du milieu, où ils se promenaient paisiblement, ils en-tendirent tout-à-coup un cri d’alerte, et aperçurent desofficiers de police, des sergents de ville et des gardes mu-nicipaux qui venaient se ranger en bataille devant eux !La résistance eût-elle été possible, personne n’y songeait.Mais cette apparition de baïonnettes ne faisait qu’annon-cer l’ordre de transfèrement et la présence de l'inspecteurOlivier Dufresne. En vain M. Guinard essaya-t-il de de-mander, au nom de ses camarades, quelques explications.L’ordre fatal ne tarda pas à être donné et devint le signalde brutalités inouïes. Seul en face des exécuteurs de lapolice, chaque prisonnier est arraché de sa cellule, meur-tri de coups, précipité dans les escaliers, et poussé dans lacour à coups de crosse ou de bâton. Indigné, M. Guinard