HISTOIRE DE DIX AXS.
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Ici notre plume s’arrête, de tristesse et de dégoût. Com-ment retracer, sans que le rouge monte au front, lesmoyens employés pour faire paraître les prisonniers àl’audience? Les gardes couraient les appréhender dansleurs cabanons, de la sommation passant bien vite à l'in-jure, et de l'injure à la violence ; puis on se prenait corpsà corps, et quand, épuisé de fatigue, accablé par le nom-bre, le prisonnier n’avait plus à opposer qu’une résistanceinerte, saisi par les pieds, il était traîné impitoyablementle long des escaliers de son cachot, sa tête bondissant surchaque marche, brutalité stérile ! En présence de la Cour,l'accusé se redressait fier de ses meurtrissures, fier de lapoussière sanglante dont scs vêtements étaient souillés-,et alors ce n’étaient plus qu'accès de colère et clameurssauvages.
Ne faisons pas à l'humanité cette injure de croire qu’unsemblable système de coercition laissât les pairs indiffé-rents. Ils s'en allligeaient, pour la plupart, c’est certain ;mais une nécessité inéluctable pesait sur eux, et il leurétait commandé de répéter avec M. Martin (du Nord) :« L’obstination d’un accusé ne saurait arrêter le cours« de la justice. » Ah! sans doute la justice ne doit pasêtre arrêtée dans son cours ; mais à qui la faute si tantd'hommes honnêtes en étaient venus à glorifier un pareilabus et une pareille révolte ! Malheur au pays où il devientpermis de mettre en doute si, en outrageant le juge, c’estla justice qu’on outrage! Là où ce doute existe, plus dedistinction possible entre l’arrogance et le courage, entrel'anarchie et une généreuse hardiesse, entre l’esprit dedésordre et le culte des principes. L’arbitraire, lorsqu’iln'enfante pas la tyrannie, enfante le chaos. Et la Cour