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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

bitraire, à dégager les prisonniers de leurs nobles scru-pules. Les débats relatifs aux accusés lyonnais touchaientà leur (in. MM. Lagrange, P.everchon, Martin, Albert,llugonet Baune étaient venus successivement déclarer auxpairs qu’ils ne les reconnaissaient point pour juges; et ilss’étaient exprimés chacun suivant la trempe de son carac-tère : ceux-ci, comme MM. Reverchon et Lagrange, avecun emportement terrible; ceux-là, comme MM. Raune,Albert et Martin *, avec une dignité pleine de menaces etun calme méprisant. Quelque incomplète que fût l'instruc-tion du complot, la poursuivre devenait impossible. Onallait, par conséquent, aborder une nouvelle phase de laprocédure, et une question grave se présentait : fallait-ilcommencer l'interrogatoire des accusés de Paris, de Lu-néville, de Chàlons-sur-Saône, de Saint-Étienne, de Mar-seille, d’Arbois, d’Épinal ? Ou bien devait-on, les réqui-sitoires et les plaidoiries entendus, procéder d’une manièremmédiate au jugement des accusés de Lyon ?

Après tant d'efforts pour rattacher à un même complotune foule innombrable de faits particuliers, après tantd’efforts pour établir la connexité des délits, séparer lesdiverses catégories, pour les juger l'une après l'autre,l’une sans l’autre, c’était fouler aux pieds la logique et lebon sens. On ne le pouvait d'ailleurs qu'en violant la loi.Car l’article 226 du Code d'instruction criminelle ordonneque les Chambres d’accusation statuent par un seul etmême arrêt sur les délits connexes. Et il y avait de la dé-loyauté à prétendre que la règle ne s’appliquait pas aujugement définitif, l’esprit de la loi portant sur le second

1 MM. Albert et Martin n’avaient pas été arretés. Us avaient eu la géné-rosité de se constituer eux-mêmes prisonniers.