CHAPITRE XI.
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cher la gloire, les intimes de Louis-Philippe assurentqu’il l’évitait. M. Thiers disait de lui, fort spirituellement,qu'il était la gravure en creux, et que Napoléon était lagravure en relief.
M. Thiers eut donc à soutenir des complots acharnés ;mais comme, dans le cas particulier dont il s’agissait,la raison, même au point de vue de la dynastie d’Orléans ,était évidemment de son côté, il déploya beaucoup de fer-meté et de persévérance.
Les considérations qu’il faisait valoir avaient quelquechose de décisif. Louis-Philippe n’était-il pas poussé parun intérêt manifeste à exclure du trône d’Espagne ce donCarlos dont les prétentions étaient liées si intimement àcelles de Henri V? Et si de la question dynastique on pas-sait à la question française , comment mettre en doutel’énorme avantage qu’il y aurait pour la France à conso-lider son influence en Espagne ? Est-ce que telle n’avait pasété la politique de Louis XIV, continuée par celle de Napo-léon? La France , perpétuellement exposée aux attaquesdu Nord , pouvait-elle sans courir risque de la vie, laisserau Midi une Puissance dont l’alliance fût incertaine et l’a-mitié douteuse? Ce qui faisait la principale force de laRussie , n’était-ce pas précisément sa position, qui lui per-mettait d’aller en avant sans être obligée de regarder der-rière elle? Par où Napoléon avait-il péri? Par la nécessitéfuneste qui retenait en Espagne les troupes de Suchet,tandis que la coalition envahissait la Champagne
Ces raisons n’étaient pas sans faire impression sur l’es-prit du roi. Plus d’une fois il parut ébranlé ; mais il ne tar-dait pas à revenir à son système favori, l'inaction. Lesouvenir des malheurs qui avaient assailli les Français en