CHAPITRE XI.
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Louis-Philippe . Pour triompher de la volontédu monarque,il avait essayé de toutes les raisons; après celles qui sepuisaient dans de graves intérêts politiques, il avait invo-qué celles qui se rattachaient à des idées d'honneur; ilavait rappelé que l’intervention, après tout, n’était quel'accomplissement d'une promesse sacrée, que l’inévitableexécution du traité de la Quadruple-Alliance, qu’une con-séquence forcée de l’amitié politique qui nous unissait aux
Anglais.Vains efforts! Il fallait céder ; il parla d'offrir
sa démission.
Restait à savoir quelle serait, après un tel éclat, l'atti-tude des autres membres du Cabinet. Sondé par M. Mignet,M. de Broglie répondit que son opinion sur la nécessitéd’intervenir en Espagne n’était point parfaitement fixée;qu'il y voyait autant d'inconvénients que d’avantages;mais — ce furent ses propres expressions, — mais quec’était au plus convaincu à l’emporter, et que, par consé-quent, il suivrait M. Thiers. Pour cequi est de M. Guizot ,il apportait dans la solution du problème plus que de l'in-décision : de l'indifférence. « On peut prendre, dit-il, l'un« ou l’autre parti. » Et, en cela, M. Guizot ne sortait pasde son caractère. Car, passionné pour la possession dupouvoir, M. Guizot envisageait froidement les idées quele pouvoir sert à réaliser. Ce qu’il aimait dans les affaires,c’était le commandement, à la différence de M. Thiers ,qui, dans les affaires, n’aimait que Faction.
Le Conseil s’étant rassemblé pour une décision défini-tive, la dissolution du Cabinet semblait imminente, lorsqueM. de Broglie fit observer qu’aux termes mêmes du traitéde la Quadruple-Alliance, la France n’était engagée à in-tervenir qu’après s’être entendue sur ce point avec les