CHAPITRE Ai.
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il a lui-mème reçu au bras gauche un choc violent. Leduc d'Orléans a une légère contusion à la cuisse. Uneballe a frappé la croupe du cbeval du prince de Joinville.Ainsi, l’affreuse tentative a manqué son but : la familleroyale est sauvée! Quelle parole humaine pourrait expri-mer l’horreur produite par cet épouvantable et lâcheattentat? On envoya sur-le-champ rassurer la reine, et leroi continua sa marche au milieu des plus ardents témoi-gnages de sympathie et d'enthousiasme. Réaction biennaturelle et qui, pour la centième fois, venait prouverque la théorie de l’assassinat n’est pas moins stupide qu’o-dieuse! Car, même en admettant le succès, nous l’avonsdéjà dit dans ce livre et nous le répétons : quand le malexiste, c’est qu’il est dans les choses, et là seulement il lefaudrait poursuivre; si un homme le présente, en faisantdisparaître cet homme, on ne détruit pas la personnifica-tion, on la renouvelle : César assassiné renaquit plus ter-rible dans Octave.
Des personnages graves ont raconté, d’après le maré-chal Maison, et pour donner une idée du sang-froid deLouis-Philippe , qu’ayant entrevu tout d’abord le partiqu’il était possible de tirer de la situation, il avait dit, auplus fort des préoccupations nées de l'attentat : << Mainte-« nant nous sommes sûrs d’obtenir nos apanages. » Maison ne doit accueillir ce fait qu’avec la défiance que méritetout ce qui est invraisemblable.
Cependant, au moment de la détonation, on avait vudes flots de fumée s’échapper d’une fenêtre du troisièmeétage de la maison n° 50. Un homme s’y élança, saisitune double corde qui s'y trouvait suspendue, et se laissaglisser jusqu’au niveau d’un petit toit. L’inconnu était à