HISTOIRE DK DIX ANS.
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demi-vêtu et avait le visage couvert de sang. Un pot defleurs qu’entraîna le mouvement de la corde lorsqu'il l'a-bandonna, fit, en se brisant sur le pavé, lever les yeux àun agent de police posté dans la cour. « Voilà l’assassin« qui se sauve par le toit, » s’écria l'agent, et un gardenational somma le fugitif de se rendre, le menaçant defaire feu. Mais lui, écartant de sa main le voile de sangétendu sur ses yeux, il poursuivit sa route, et s’élança parune fenêtre ouverte dans une maison voisine. Renverserune femme qui fuyait devant lui échevelée et gémissante,traverser la maison, descendre l'escalier, tout cela ne futpour l’assassin que l’affaire d’une minute; mais unetraînée de sang indiquait son passage, comme si son proprecrime l’eût poursuivi. Il arriva trop tard dans la cour etfut arrêté.
Dans la chambre d’où il s’était enfui on trouva les dé-bris fumants de la machine qui avait servi au forfait.Klle était montée sur une espèce d'échafaudage que sou-tenaient quatre pilastres liés entre eux par de fortes tra-verses en bois de chêne. Vingt-cinq canons de fusils s'ap-puyaient par la culasse sur la traverse de derrière, plusélevée que celle de devant de huit pouces environ. Lesbouts des canons posaient sur des entailles. Les lumièresétaient en haut, et rangées sur la même ligne, de manièreà pouvoir s'enflammer d’un seul coup, au moyen d’unetraînée de poudre. Telle était la disposition des fusils,quela mitraille qu’ils renfermaient devait prendre le cortègeen écharpe et embrasser un vaste carré, en s’élevant despieds des chevaux à la tête des cavaliers. La charge dechaque fusil était quadruple. Heureusement les prévisionsde l'assassin furent trompées. Deux fusils ne prirent pas