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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

confidence de leurs démarches, ne tarda pas à en être in-formé, et il en conçut un amer dépit. Pourquoi, dans uneaffaire qui le touchait de si près, avait-on jugé à proposd'agir si complètement en dehors de lui? Ce coup lui futd’autant plus sensible, qu’il venait de se sacrifier pour lesdoctrinaires, et qu’il n’eût pas été éloigné de désirer lefauteuil promis à une ambition rivale. Un jour donc,M. Guizot étant monté dans la voiture de M. Thiers, etcelui-ci laissant percer sur son visage l’irritation inté-rieure : « Plusieurs de mes amis, dit M. Guizot , me des-« tinent la présidence de la Chambre ; et j’y prétends. —« Moi, je n’v prétends pas, répondit M. Thiers , blessé au« vif; toutefois, l'avertissement me vient assez tard pour« qu’une semblable prétention ait eu le temps de naître« en moi. » Et les deux collègues se séparèrent, très-mé-contents l’un de l'autre. Le projet fut abandonné; mais ilavait allumé dans l’âme dé M. Thiers un ressentimentdont on sut bientôt augmenter la violence en y mêlant lesexcitations de l’amour-propre. On fit savoir à M. Thiers ,— et le roi ne fut pas le dernier à lui en donner avis, —que l’opinion le jugeait incapable de porter sa fortunelorsqu’il n’aurait plus pour appui le talent des doctri-naires et leur consistance. Que tardait-il à faire tomberune supposition aussi injurieuse, en saisissant avec har-diesse lés rênes du Pouvoir devenues flottantes ? On de-vine l’effet de pareils discours sur un homme confiantdans sa destinée, prompt à s’émouvoir, et qui avaitjusqu’alors vécu au milieu de tous les enivrements dela louange. D’ailleurs, il arriva que, par une ignorancetrop commune des intrigues et des menées de Cour,les journaux de l’Opposition servirent à leur insu la se-