CHAPITRE XII.
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crête politique du Château. Dans un article dont lacrise ministérielle avait fourni le sujet, Armand Carrel manifesta, sur l’avenir de M. Thiers séparé de ses auxi-liaires, des doutes railleurs et provoquants. M. Thiers avait été collaborateur d’Armand Carrel , il l’estimaitavec effroi, il s’inquiétait de l’avoir pour juge, et son or-gueil saignait long-temps de chaque trait parti de cettemain virile. Poussé à bout, il résolut enfin de montrerce qu'il était en état de faire. Et puis, son ambition étaitdécriée en tous lieux et narguée par M. Piscatorv, amide M. de Broglie. Il le sut, et prit son parti aussitôt. « On« me met au défi, s’écria-t-il un jour, avec un geste plein« d’emportement, de faire un Cabinet? Eh bien! il est« fait. » Et, le 22 février 1836, le Moniteur recevait desordonnances nommant : MM. Thiers , président du Conseilet ministre des affaires étrangères; Sauzet, garde-des-sceaux, ministre de la justice et des cultes; de Montalivet,ministre de l’intérieur; Passy, ministre du commerce etdes travaux publics; Pelet (delà Lozère ), ministre de l’in-struction publique ; le maréchal Maison, ministre de laguerre; l’amiral Duperré , ministre de la marine; d’Ar-gout, ministre des finances.
Une grande faute venait d’être commise, et elle étaitsurprenante de la part d’un homme qui avait adopté la fa-meuse maxime : Le roi règne et ne gouverne pas. En effet,en dehors de MM. de Broglie, Guizot et Thiers reunis.M. Molé aurait en vain cherché les éléments d’un Cabinetdoué de vie. Quant au tiers-parti, il avait donné la mesurede ses forces dans le ministère des trois jours. Donc, tantque M. Thiers serait resté l’allié des doctrinaires, il n T yaurait eu qu’un ministère possible. En se séparant de ses