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HISTOIRE DE DIX ANS.
fois, il lui ouvrit tranquillement sa porte et se livra denouveau à elle avec une inconcevable sérénité.
L’arrestation la plus importante, après celle de Morey,fut celle d’un marchand d’épicerie nommé Pépin, hommeexcessivement timide et faible, mais qui avait été compro-mis dans les troubles de juin et qu'un solennel verdictd’acquittement n’avait pu protéger, depuis, contre les soup-çons de la police. Une fouille opérée dans sa maison et en saprésence par trois agents seulement, lui ayant fourni l’oc-casion de s’évader, il en profita. Où se cachai t-il ? On l'ignoralong-temps; et une fausse nouvelle, rapidement propagéeparles journaux, le faisait déjà supposer hors du royaume,lorsque tout-à-coup M. Oisquet reçut avis qu’on était sur latrace du fugitif ; que sa retraite était située entre Meaux etCoulommiers , dans l’épaisseur delà forêt de Crécv. Il netarda pas effectivement à être arrêté à Magny, où il fut trouvéen chemise, caché dans une fausse armoire, au fond d’unealcôve, et troublé à un point qui touchait au délire.
Indépendamment des ouvriers Poireau et Bescher, quifigurèrent au procès, on mit la main sur plusieurs indi-vidus dont on ne devait plus entendre parler. A Péronne ,par exemple, dans la nuit du 30 au 31 juillet (1835), onraconte que, profitant du moment où une des portes s’ou-vrait pour livrer passage à une diligence, un homme s’in-troduisit furtivement dans la ville. Il était sans chapeau,sans papiers ; on le mena au chef de la gendarmerie, etbientôt on remarqua qu’une de ses mains, qu'il s’étudiaità cacher, portait l'empreinte d'uue blessure qui semblaitfaite par une corde le long de laquelle il se serait laisséglisser. On le dirigea sur Paris ■ mais aucun indice nevint fortifier l’hypothèse de sa complicité.