CHAPITRE II.
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Ce fut une politique toute contraire que crut devoirsuivre, dès l’origine, la royauté de juillet. Pour se conci-lier les puissances continentales, elle déclara au génie ré-volutionnaire dont elle était issue la guerre la plusacharnée. Or, c’était se priver d’un appui pour acheter unpatronage ; c'était tomber du rôle de modérateur à celuide vassal ; c’élait encourager dans les souverains d'injustescaprices, après avoir perdu la force qui aurait servi à yrésister; c’était, enfin, pour ce qui concernait la dynastieà établir, la miner au dedans par l'impopularité et audehors par l'indépendance. Double danger! double folie!
Et cependant, chose incroyable, les inspirateurs decettepolitique sans intelligence s’étaient donnés pour deshommes habiles. Mais les faits ne permettent pas long-temps que les peuples s'abusent au point de prendre lescalculs de l'égoïsme pour de l'habileté, et la ruse pourdu génie. La vérité est que l'égoïsme accuse un espritborné encore plus qu'un cœur sec. La ruse n'est qu’unprocédé de l'impuissance, qu'une ressource de la médio-crité.
Voilà ce dont M. Thiers put aisément se convaincredès son avènement à la présidence du Conseil. A cetteépoque, tout faisait silence autour du trône de Louis- Philippe : plus d'insurrections, plus d’émeutes; l'assassi-nat était descendu à Fieschi; la presse respirait à peinesous les lois de septembre ; la France était calme jusqu’àl’abattement. Et qu’en résultait-il? Que les Cabinets deSaint-Pétersbourg, de Vienne et de Berlin redoublaient, àl’égard de la Cour des Tuileries, de morgue, d’exigenceset de bravades. De sorte que, placé entre la France révo-lutionnaire et l'Europe monarchique, le gouvernement de