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HISTOIRE DE DIX ANS.
juillet n'avait pu affaiblir la première sans subir de plusen plus le despotisme insolent de la seconde et ses ran-cunes immortelles. Abordons ce triste épisode de notrehistoire.
Dans l’adresse votée par la Chambre des députés aucommencement de l’année 1836, dont nous allons tracerle tableau, les sympathies de la France pour la Pologne avaient été formulées d’une manière touchante quoiquetimide. Adoptant un amendement de M. de Mornay, laChambre avait dit, à propos de nos relations extérieures :
« Cette heureuse harmonienous donne l’espoir que, d’ac-« cord avec la Grande-Bretagne et les Puissances dont les« intérêts sont liés aux nôtres, vous pourrez, Sire, réta-« blir l'équilibre européen , si nécessaire au maintien de« la paix, et que le premier gage en sera la conservation« de l'antique nationalité polonaise, consacrée par les« traités. »
Ces paroles exprimaient, avec une réserve convenable,les vœux et les sentiments du peuple français . Elles nefaisaient, d’ailleurs, que répondre à un discours adressépar l’empereur Nicolas à la municipalité de Varsovie ,discours plein de hauteur, plein d'emportement, et quitrahissait une pensée hostile au Cabinet des Tuileries. Ce-pendant, les Cours étrangères s’émurent, et aussi auda-cieuses alors qu'elles l'étaient peu en 1830, elles prirentla résolution de braver, par une manifestation collective,la Grande-Bretagne et la France .
On sait comment le congrès devienne, congrès de rois,fut le berceau de la république deCracovie. L’Europe étantdevenue, en 1815, une proie saignante à partager entreles plus forts, l’Autriche et la Prusse se disputèrent la