CHAPITRE 11.
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possession de Cracovie , dont elles avaient besoin toutesdeux pour clore, l’une la Gallicie , l’autre la Silésie. De soncôté, le cabinet de Saint-Pétersbourg couvait d’un re-gard inquiet la ville en litige. On ne put s’entendre, et,pour que Cracovie n’appartînt à personne, on décidaqu’elle s’appartiendrait. Ainsi érigée en république parl’égoïsme de trois monarques rivaux et jaloux, elle n’a-vait pas tardé à devenir, par ses institutions politiques,son langage, ses croyances religieuses, son université, lesanctuaire de la nationalité polonaise. Neutre en 1830, et,en 1831, occupée, rançonnée, foulée aux pieds par le gé-néral Rüdiger, elle avait recueilli et conservait les der-niers débris de la Pologne accablée. Ce fut par la violationbrutale de son indépendance que les Cabinets de Saint-Pé-tersbourg, de Vienne et de Berlin , résolurent d’insulter legouvernement français .
Le projet d’occupation fut communiqué à M. de Bro-glie dans les premiers jours du mois de février 1836. Ilquittait les affaires, et il dut, par conséquent, se borner àrecevoir la communication. Mais comme les Puissances ducontinent ne prenaient, pour agir, conseil que d’elles-mè-mes, elles donnèrent sans plus de retard le signal de l'in-sulte. Le 9 février, puisant un prétexte dans quelquestroubles éphémères dont la fête de l’empereur de Russie venait d’être l’occasion, elles sommèrent, par leurs rési-dents, le Sénat de Cracovie d’expulser, dans le délai dehuit jours, du territoire de la république, tous les réfu-giés qu’elles tenaient pour dangereux, Polonais ou autres.La résistance eût été insensée, l’hésitation même était im-possible. M. Wieloglowski, président du Sénat, se bornadonc à représenter, dans une note suppliante, que, parmi