CHAPITRE 11.
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ment de refus. Et en effet, les objections ne pouvaientmanquer. Etait-il digne de l'illustre maison d’Autriclied'accorder le bénéfice de son intimité à un souverain dedate si récente et qui avait égaré dans les barricades sestitres de noblesse? Que penserait d une telle mésalliancel'aristocratie autrichienne, la plus fière, la plus suscep-tible des aristocraties de l'Europe ? On assure que, de lapart de l'archiduchesse Sophie surtout, l'opposition futvive. Enfin, la négociation échoua. « Est-il possible d’ex-« poser une princesse au danger de monter dans une voi-« ture à travers laquelle passent des coups de pistolet ? » :voilà de quel prétexte se colora l'outrage fait à la maisond'Orléans.
Surpris, humilié, impatient de couvrir la blessure de sonorgueil, le fils aîné de Louis-Philippe se mit en route poul-ies Cours d'Italie , dont il attendait mieux. Et le hasardvoulut que Marie-Louise se rendît à Vienne par le mêmechemin qui en éloignait le duc d’Orléans. Ils se rencon-trèrent donc; et ce que dut être une semblable entrevue,on le devine. Dans un prince tout brillant de jeunesse,dans un prince venu des rives de la Seine, il était naturelque, malgré ses torts d'épouse et de veuve, la mère duduc de Keichstadt retrouvât, à travers les nuages du sou-venir, une image absente et chère. Or, tandis que l'un sefatiguait, sur les routes de l'Europe , à chercher des héri-tiers pour un trône que Napoléon, en tombant, avait renduvide à jamais, l'autre dormait de l'éternel sommeil dansle caveau sombre où l'Empire était avec lui descendu. Apeine Marie-Louise eût-elle aperçu le duc d'Orléans, qu’ellefut saisie d’un attendrissement invincible. Elle voulutparler, mais en vain; et, succombant à son cœur, elle