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HISTOIRE DE DIX ANS.
des idées modernes, pour le peuple, que tourmentait unvague liesoin de liberté, c'était quelque chose d’émouvantque l’arrivée de deux princes faisant voyager avec eux, endépit d’eux-mêmes, la vivante image d’une révolutiondont ils avaient bien pu abjurer la politique, mais dont ilsétaient forcés, après tout, de porter et d'agiter les couleurs.
De Berlin , ils se rendirent à Vienne. Et là aussi on leurlit un accueil de nature à encourager leur secrète espé-rance; là aussi, la foule laissa éclater, à leur vue, unesorte de curiosité passionnée. On raconte, à ce sujet, queM. de Melternich alla jusqu’à dire : « Vous avez à Paris « des révolutionnaires scélérats , nous avons ici des révo-« lutionnaires niais. »
Le duc de Nemours n’était pas homme à se faire aimer,car il avait un maintien raide à l’excès et des airs dédai-gneux. Mais son frère fut charmant. Bientôt on ne s’entre-tint plus, parmi les dames de Vienne, que de l'amabilité duduc d’Orléans , de sa bonne mine; si bien que le parfumde cette popularité de salon lui monta aisément à la tèteet l’enivra. La princesse Thérèse, fdle de l'archiducCharles, lui avait plu : il s'insinua dans les bonnes grâcesdu père, devint l'aini du fils; et, quand tout lui parutsuffisamment préparé pour le succès, il n'hésita pas à sedéclarer. L'archiduc Charles parut prêt à accepter la pro-position. Mais une autre approbation que la sienne étaitnécessaire. M. de Saint-Aulaire court chez le ministre au-trichien, lui fait part de ce qui se passe, lui montre lalettre deM. Thiers. M. de Metternich , tout en se montranttouché des considérations qu’on faisait valoir auprès delui, répondit que c’était à la famille qu’il appartenait dedécider la question, ce qui ressemblait à un commence-