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Tome cinquième.
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CHAPITRE III.

5!)

rière-pensées de despotisme, dont sa modération prenaitalarme. Au milieu des tentations de la crise prévue, sau-raient-ils respecter la liberté individuelle? consentiraient-ils à proclamer sur-le-champ le régime du droit commun?Voilà ce quil se demandait sous lempire d'une magna-nime inquiétude. Eux cependant, ils étaient, lencou-rageant à laudace, le pressant, le poussant, lui criant demarcher et de vaincre, sans sinquiéter des limites futu-res, parce que, la victoire une fois remportée, lessen-tiel est moins de la faire absoudre par les vaincus que dela compléter et de lasseoir. Cest ce quil fut impossibleà Armand Carrel de nier jusquau bout, surtout en pré-sence des excès dun pouvoir qui ne gouvernait que parla colère. Les pensées de lhomme dÉtat et les ressenti-ments du citoyen quon opprime combattaient donc en luiles inspirations du chevalier, et ce combat avait fini par lejeter dans une tristesse héroïque.

Il saffligeait aussi du perpétuel refoulement de ses dé-sirs. II lui aurait fallu les tourments de la gloire, la viedes camps, et il navait, pour employer son énergie, quele journalisme, genre de lutte dont les émotions, si viteeffacées, ne rachetaient point à ses yeux les froids souciset les fatigues vulgaires.

Heureux encore s'il navait pas été en butte, parmi lessiens, à des défiances qui, austères seulement de la parides uns, présentaient chez les autres un caractère mar-qué dinjustice. Suivant ceux-, il nétait ni assez respec-tueux pour le peuple, ni assez impatient de son triomphe.Ceux-ci allaient plus loin : ils lui reprochaient son élé-gance militaire et les formes patriciennes de son dédain ;ils ne pouvaient lui pardonner linjure de sa supériorité et