CHAPITRE IV.
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loin. Député de Neuchâtel , et inspiré par la Prusse, il osademander que le Directoire fût investi du droit de dési-gner directement les suspects et d’intimer l’ordre de l’ex-pulsion. En vain fit-on ressortir ce qu’il y aurait dehonteux pour la Diète, pliant sous la menace, à bouleverserle pacte, à renoncer au droit d’asile, à se faire l'instrumentdes haines de l’étranger. Treize états et demi adoptèrentle projet : Zurich , Uri, Unterwald , définitivement; et,sous réserve de ratification : Zug, Soleure , Schaffouse,Valais , Neuchâtel , Grisons , Fribourg , Lucerne , Berne ,Bâle-Ville et Schwitz . Avaient voté ad instruendum : Ap-penzell 7 Thurgovie, Bâle-Campagne et Vaud ; et, quantaux cantons de Genève , de Glaris , d’Argovie , ils gardaientle protocole ouvert, de même que Saint-Gall , qui voulait,par une déclaration expresse, réserver le droit de souve-raineté de son canton.
A cette nouvelle, toute la Suisse s’agita ; et dans lesgrands conseils, appelés à ratifier la décision de la Diète,les débats se ranimèrent avec une vivacité croissante.Toutefois seize cantons se prononcèrent pour le conclu-sum. Mais parmi ceux qui le rejetèrent figuraient Saint- Gall , Thurgovie , Vaud et Genève , quatre des plus considé-rables, et tous cantons frontières. Vaud et Genève formantla partie principale de la Suisse française, leur résistanceaux prétentions injustes du gouvernement français en futplus remarquée, plus applaudie. Et aussitôt s’éleva unequestion grave : pour la majorité dissidente, le conclusumétait-il obligatoire? En créant une police centrale, endépouillant la souveraineté cantonale du droit d’asile, ensoumettant aux décisions du Directoire et des représentantsfédéraux la Diète, autorité suprême de la confédération,