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Tome cinquième.
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HISTOIRE UE DIX ANS.

prince qui l'avait conçue n'avait pas encore tout ce quedevaient lui donner plus tard les enseignements de lamauvaise fortune.

Savoir commander à son cœur, être insensible et pa-tient; n'aimer que son but, dissimuler ; ne pas dépenserson audace dans les projets et la réserver tout entière pourl'action , pousser au dévouement sans trop y croire, trai-ter avec la bassesse en la devinant, mépriser les hom-mes ; pour devenir fort, le paraître ; et se donner descréatures, moins par la reconnaissance, qui fatigue le

zèle, que par lespérance, qui le stimule.; est, dans

le sens égoïste et vulgaire du mot, le génie des ambitieux.Or, le prince Louis Donaparte navait, soit en qualités,soit en vices, presque rien de ce qui le compose. Sa sen-sibilité, facile à émouvoir, le livrait désarmé aux fauxempressements des subalternes. Il lui arrivait quelquefoisde mal juger les hommss par précipitation ou par bonté.La fougue de ses désirs le trompait et l'entraînait. Douéd'une droiture nuisible à ses desseins, il avait, par unrare assemblage, et lélévation dàme qui fait aimer lavérité, et la faiblesse dont profitent les flatteurs. Pouraugmenter le nombre de ses partisans, il se prodiguait. Ilne possédait, en un mot, ni fart de ménager ses ressour-ces, ni celui den exagérer habilement l'importance. Mais,en revanche, il était généreux, entreprenant, prompt auxexercices militaires, élégant et fier sous l'uniforme. Pasd'olficier plus brave, de plus hardi cavalier. Quoique saphysionomie fût douce plutôt quénergique et domina-trice, quoiqu'il y eût une sorte delangueur habituelle dansson regard, passait la rêverie, nul doute que les sol-dats ne l'eussent aimé pour ses allures franches, pour la