CHAPITRE V.
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loyauté de son langage, pour sa taille, petite comme cellede son oncle, et pour l’éclair impérial que la passion dumoment allumait dans son œil bleu. Quel nom, d'ailleurs,que le sien !
Aussi aurait-il voulu prendre son point d'appui dansl'armée; et c'était pour se révéler à elle qu'il avait pu-blié, sous le titre de Manuel d’artillerie, un ouvrage où lerésultat des plus savantes études était exposé dans unstyle ferme, clair et précis.
Mais comment vaincre, sans le concours du peuple? Et,une fois vainqueur, comment se maintenir, sans l’assen-timent de la bourgeoisie? Élevé dans l'exil et ne connais-sant pas son pays, Louis Bonaparte se persuada que labourgeoisie n’avait gardé de l'Empire d’autres souvenirsque ceux de la révolution tenue en lesse, de l’ordre réta-bli, du Code civil fondé. Le peuple, il crut que pour l’en-traîner il suffirait de la vue de l'aigle sur les étendards etdu bruit des clairons. Double erreur! ce que la bourgeoi-sie, adonnée aux arts de la paix, se rappelait le mieux,dans l'histoire de Napoléon , c’était son despotisme colorépar la guerre; et, parmi le peuple, les plus intelligents,ceux qui donnent le signal, savaient bien que si Napo léon , par la conquête, avait semé en Europe les germesde la démocratie, il n’avait rien négligé pour les étoufferen France .
Continuer l’Empereur ! Mais c’était parce que son œuvreétait finie, sa mission épuisée, qu'on l’avait laissé mourirsur ce rocher où, selon le mot de Chateaubriand, onl’apercevait de toute la terre
Et puis, Louis Bonaparte , s’il voulait plaire en France à la classe bourgeoise, était irrésistiblement conduit à