Band 
Tome cinquième.
Seite
117
JPEG-Download
 

CHAPITRE V.

IJ7

loyauté de son langage, pour sa taille, petite comme cellede son oncle, et pour léclair impérial que la passion dumoment allumait dans son œil bleu. Quel nom, d'ailleurs,que le sien !

Aussi aurait-il voulu prendre son point d'appui dansl'armée; et c'était pour se révéler à elle qu'il avait pu-blié, sous le titre de Manuel dartillerie, un ouvrage lerésultat des plus savantes études était exposé dans unstyle ferme, clair et précis.

Mais comment vaincre, sans le concours du peuple? Et,une fois vainqueur, comment se maintenir, sans lassen-timent de la bourgeoisie? Élevé dans l'exil et ne connais-sant pas son pays, Louis Bonaparte se persuada que labourgeoisie navait gardé de l'Empire dautres souvenirsque ceux de la révolution tenue en lesse, de lordre réta-bli, du Code civil fondé. Le peuple, il crut que pour len-traîner il suffirait de la vue de l'aigle sur les étendards etdu bruit des clairons. Double erreur! ce que la bourgeoi-sie, adonnée aux arts de la paix, se rappelait le mieux,dans l'histoire de Napoléon , cétait son despotisme colorépar la guerre; et, parmi le peuple, les plus intelligents,ceux qui donnent le signal, savaient bien que si Napo­ léon , par la conquête, avait semé en Europe les germesde la démocratie, il navait rien négligé pour les étoufferen France .

Continuer lEmpereur ! Mais cétait parce que son œuvreétait finie, sa mission épuisée, qu'on lavait laissé mourirsur ce rocher, selon le mot de Chateaubriand, onlapercevait de toute la terre

Et puis, Louis Bonaparte , sil voulait plaire en France à la classe bourgeoise, était irrésistiblement conduit à