CHAHTHE VI.
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tau el celle d'Alger . Déjà le général Voirol lui avait dé-fendu de passer outre, la défense fut renouvelée par lecomte d'Erlon : l’émir s’arrêta. Mais bientôt appelé par leshabitants de Médéah, qui, à défaut de notre protection,invoquaient la sienne, il prend son parti, traverse résolu-ment le fleuve, reçoit en passant la soumission de Miiiana.met en fuite un chef de tribu qui s'était, porté à sa ren-contre, entre dans Médéah en triomphateur, et, aprèsavoir pourvu au gouvernement de la ville, regagne sa ré-sidence, applaudi, admiré par les populations musulma-nes qu'ont éblouies les victoires de son audace.
On ne pouvait nous braver plus ouvertement, et pour-tant le comte d’Erlon s’abstint de toute démarche violente,retenu qu’il était par les instructions du ministre, el aussipar l'influence qu'avait su prendre sur son esprit un Juif,espèce de chargé d’affaires de l’émir. Abd-el-Kader alorsne garda plus de mesure. 11 osa menacer, il essaya de dé-placer des tribus qui n'étaient coupables que de fidélitéenvers la France . C’en était trop. Invoqué par les Douairset les Smélas, le général Trézel engagea sa responsabilitégénéreusement et s’avança pour les couvrir. Nous tou-chions. non pas à une défaite, mais à un malheur.
Le 2G juin 1835, le général Trézel était arrivé à unedizaine de lieues d'Orari, lorsque soudain apparut, avan-tageusement postée, l'armée de l’émir, six fois plus nom-breuse que l'armée française. Quelque inégal que fût lecombat, le général français n’hésita point. Les Arabes fu-rent attaqués avec fougue; mais bientôt la division, as-saillie de tous côtés, se trouve dans un de ces momentsde crise où une action d’éclat devient nécessaire pour lesalut de tous. En avant! s’écrie le colonel Oudinot : soiü