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Tome cinquième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

énergie et son exemple électrisent le petit nombre de ca-valiers dont il est entouré, il charge à leur tête plus dedouze cents fantassins embusqués, les met en déroute;mais il reçoit la mort, et l'imagination du soldat est dau-tant plus frappée de cette mort, que les balles arabes nenous avaient encore enlevé aucun chef. On sétait ouvertun passage : fallait-il continuer ce sanglant itinéraire?A une lieu de, prêt à recommencer la lutte, Abd-el- Kader était allé asseoir son camp ; la victoire venait decoûter cher aux Français , le colonel Oudinot avait ététué; la foule armée accourue sous le drapeau de lémircroissait dheure en heure : la retraite fut résolue. Du-rant cette marche sinistre, que troublait incessammentlapparition dune multitude de cavaliers farouches, tour-billonnant autour de nous et avides de nos dépouilles, lacontenance des troupes françaises fut admirable de sang-froid et dintrépidité. Malheureusement, il fallut senga-ger dans une voie étroite qui sallongeait entre les maraisqui bordent la Macta et des collines boisées. Or, cétaitquAbd-el-Kader attendait la colonne française. A peineentrée dans ce passage funeste, elle eut à supporter lechoc de plusieurs milliers dArabes qui, de toutes les hau-teurs circonvoisines, fondaient sur elle avec rage. La ré-sistance ne fut pas moins furieuse que lattaque. Enfin,les Arabes sétant élancés en masse vers le point setrouvaient bagages et blessés, la ligne est rompue, la con-fusion sintroduit dans les rangs; quelques-uns de nossoldats se jettent dans les marais, d'autres dans les tail-lis, et, dispersés, ils tombent sous le yatagan. Pendant cetemps, ramenée en arrière par lintrépide général Trézel,lavant-garde repousse lennemi et dégage le convoi. La