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Tome cinquième.
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CHAPITRE Vil.

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rageuse, il esl dillicile de le dire, l'un et l'autre se pou-vant supposer dans une àrne capable de se porter à toutesles extrémités de l'orgueil.

M. Thiers reçut avec bienveillance ce visiteur inattendu.Long-temps ils avaient vécu des mêmes pensées, courules mêmes périls, (jue de souvenirs propres il les rappro-cher! Mais aussi, depuis leur rupture, que d'emporte-ment dans leurs querelles et combien diverses leurs al-liances! M. Guizot ayant commencé par dire à son anciencollègue: « Je vous apporte le ministère du 11 octobre.« Vous m'en apportez le personnel, répondit vivement« M. Thiers , mais non la politique. » Et il l'interrogeasur l'abandon complet de l'Espagne . 11 se rejetait, dautrepart, sur ses amitiés récentes. A les dénouer il ne pouvait yavoir pour lui ni profit ni honneur. Chef du Centre Gauche,lui était-il permis de monter au pouvoir en reniant pour lesamis de M. Guizot , ses propres amis, ses alliés et presqueses soldats de la veille? Voilà comment M. Thiers motivason refus. 11 enéprouva du regret, peut-être ; peut-être au-rait-il désiréque, fournissantquelque honorable prétexte àson dévoùment dans lembarras, le roi, par une interven-tion directe et solennelle, leût sauvé du joug desscrupules.

Les tentatives de M. Guizot ayant ainsi échoué, une né-gociation s'entama entre le maréchal Soult, MM. Thiers ,Humann et Passy. Ou crut qu'elle réussirait. 11 est vraiqueM. Passy avait peu de goût pour M. Thiers , dont ilavait eu à supporter, dans le Cabinet du 22 février, laprésidence impérieuse. Mais M. Passy ne pouvait craindre,cette fois, rien de semblable, l'àge du maréchal Soult etson illustration militaire lui assignant la première placedans le Cabinet qu'il s'agissait de former.