II1S10IKE UE DIX ANS.
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L’émotion fut donc grande parmi les doctrinaires, et ilsn’épargnèrent aux nouveaux candidats ni le dédain ni laraillerie. Ils les montraient divisés sur presque toutes lesquestions, quoique unanimes sur le partage du pouvoir ;ils affirmaient que chacun d’eux avait réservé quelquechose : le maréchal Soult, la non intervention ; M. Thiers ,l'intervention ; M. Ilumann, la conversion des rentes ;M. Passy, Alger ; et ils ne tarissaient pas d’attaques contrece qu’ils appelaient ironiquement le ministère des ques-tions réservées.
Sur ces entrefaites, M. Thiers avait été mandé au Châ-teau. Le roi lui fit un accueil plein de grâce, et semblad'abord courir au-devant d’une explication franche. « J’ai .« deux volumes à faire, lui dit M. Thiers -. un sur la po-litique intérieure, l’autre sur la politique extérieure»,et, comme il n'ignorait pas que c’était sur le second queportaient les plus graves dissidences, il commença par lepremier. 11 exposa que lasociété s'acheminait vers un étatde calme qui autorisait une politique moins absolue ;qu’on avait atteint le but, qu’il fallait craindre de le dé-passer-, que la ligne à suivre était indiquée par le frac-tionnement de cette majorité parlementaire, si compacteet si inllexible lorsque l'émeute venait pour ainsi direfrapper chaque jour aux portes du palais et qu'on étaitréduit à lui livrer bataille dans la rue ; que le temps desconcessions prudentes était arrivé. Le roi parut en tom-ber d'accord, et il laissa M. Thiers se bercer de l’espoirqu’on adopterait ses vues; mais, quant à celles qui avaienttrait à la politique étrangère, il en renvoya l’expositionau lendemain. Là pouvait être l’écueil, et M. Thiers lesentait. Aussi apporta-t-il beaucoup de réserve dans l’é-