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Tome cinquième.
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II1S10IKE UE DIX ANS.

ÏOS

Lémotion fut donc grande parmi les doctrinaires, et ilsnépargnèrent aux nouveaux candidats ni le dédain ni laraillerie. Ils les montraient divisés sur presque toutes lesquestions, quoique unanimes sur le partage du pouvoir ;ils affirmaient que chacun deux avait réservé quelquechose : le maréchal Soult, la non intervention ; M. Thiers ,l'intervention ; M. Ilumann, la conversion des rentes ;M. Passy, Alger ; et ils ne tarissaient pas dattaques contrece quils appelaient ironiquement le ministère des ques-tions réservées.

Sur ces entrefaites, M. Thiers avait été mandé au Châ-teau. Le roi lui fit un accueil plein de grâce, et semblad'abord courir au-devant dune explication franche. « Jai .« deux volumes à faire, lui dit M. Thiers -. un sur la po-litique intérieure, lautre sur la politique extérieure»,et, comme il n'ignorait pas que cétait sur le second queportaient les plus graves dissidences, il commença par lepremier. 11 exposa que lasociété s'acheminait vers un étatde calme qui autorisait une politique moins absolue ;quon avait atteint le but, quil fallait craindre de le dé-passer-, que la ligne à suivre était indiquée par le frac-tionnement de cette majorité parlementaire, si compacteet si inllexible lorsque l'émeute venait pour ainsi direfrapper chaque jour aux portes du palais et qu'on étaitréduit à lui livrer bataille dans la rue ; que le temps desconcessions prudentes était arrivé. Le roi parut en tom-ber d'accord, et il laissa M. Thiers se bercer de lespoirquon adopterait ses vues; mais, quant à celles qui avaienttrait à la politique étrangère, il en renvoya lexpositionau lendemain. pouvait être lécueil, et M. Thiers lesentait. Aussi apporta-t-il beaucoup de réserve dans lé-