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HISTOIRE DE DIX ANS.
sa prise de possession. Mais le désir de la paix était dansson cœur, et il ne tarda pas à entrer en négociation avecl’émir. L'intermédiaire fut un juif nommé Durand, âmecupide et rusée, qu’on accusa, depuis, d’avoir semé ladiscorde parmi nos généraux, en vue de profits honteux.Toujours est-il que les négociations traînaient en longueur,quand tout-à-coup, rompant avec le général Bugeaud,l’émir s’adressa au comte de Damrémont pour obtenir lapaix : démarche dont le gouverneur-général informaaussitôt le ministre de la guerre. A cette nouvelle, le gé-néral Bugeaud se persuade qu’on lui envie la gloire depacifier la province d’Oran , il s’emporte, il éclate. Heu-reusement, la mésintelligence n’eut pas de suite : née duvague et de l’imprévoyance des instructions ministérielles,elle tomba devant un échange d’explications sincères. Lecomte de Damrémont fit savoir à l’émir que c’était avecle général Bugeaud qu’il devait traiter; et, à son tour, legénéral Bugeaud s’empressa d’adresser à M. de Damré-mont, qu’il avait injustement soupçonné, les excuses lesplus franches, les plus loyales.
Cependant, l’émir s’obstinait dans des prétentions quiaccusaient son orgueil et nerépondaient pas à sa puissance.Le général Bugeaud se mit donc en campagne. L’armée,forte de 9,000 hommes, se composait de trois brigades,commandées : la première par le général Laidet, la se-conde par le général Rullières, la troisième par le colonelCombes. Déjà, depuis quinze jours, on battait la plainesans rencontrer l’ennemi, lorsque de sourdes rumeurs serépandirent parmi les soldats, annonçant la paix. Ellevenait en etfet de se conclure, et le général Bugeaud ap-prit aux troupes, par un ordre du jour,^u’il allait partir