Band 
Tome cinquième.
Seite
238
JPEG-Download
 

238

HISTOIRE DE DIX ANS.

sa prise de possession. Mais le désir de la paix était dansson cœur, et il ne tarda pas à entrer en négociation aveclémir. L'intermédiaire fut un juif nommé Durand, âmecupide et rusée, quon accusa, depuis, davoir semé ladiscorde parmi nos généraux, en vue de profits honteux.Toujours est-il que les négociations traînaient en longueur,quand tout-à-coup, rompant avec le général Bugeaud,lémir sadressa au comte de Damrémont pour obtenir lapaix : démarche dont le gouverneur-général informaaussitôt le ministre de la guerre. A cette nouvelle, le gé-néral Bugeaud se persuade quon lui envie la gloire depacifier la province dOran , il semporte, il éclate. Heu-reusement, la mésintelligence neut pas de suite : née duvague et de limprévoyance des instructions ministérielles,elle tomba devant un échange dexplications sincères. Lecomte de Damrémont fit savoir à lémir que cétait avecle général Bugeaud quil devait traiter; et, à son tour, legénéral Bugeaud sempressa dadresser à M. de Damré-mont, quil avait injustement soupçonné, les excuses lesplus franches, les plus loyales.

Cependant, lémir sobstinait dans des prétentions quiaccusaient son orgueil et nerépondaient pas à sa puissance.Le général Bugeaud se mit donc en campagne. Larmée,forte de 9,000 hommes, se composait de trois brigades,commandées : la première par le général Laidet, la se-conde par le général Rullières, la troisième par le colonelCombes. Déjà, depuis quinze jours, on battait la plainesans rencontrer lennemi, lorsque de sourdes rumeurs serépandirent parmi les soldats, annonçant la paix. Ellevenait en etfet de se conclure, et le général Bugeaud ap-prit aux troupes, par un ordre du jour,^uil allait partir