Band 
Tome cinquième.
Seite
239
JPEG-Download
 

CHAPITRE IX.

239

pour une entrevue avec l'émir. I.a nouvelle fut joyeuse-ment accueillie par les soldats : il leur plaisait de voir deprès cet infatigable Abd-el-kader , ce chef inconnu dontils avaient fait la renommée en le combattant, et qui leurdevait le soudain éclat de sa fortune. Le général avaitchoisi quatre mille hommes pour laccompagner : ils semirent en mouvement le 1 er juin, à la pointe du jour. Entête marchaient les Arabes alliés, sous les ordres de.Mus-tapha-Ben-Ismaël. Cétait un beau et austère vieillard, quereconnaissaient pour chef les belliqueuses tribus desDouairs et des Smélas. Animé contre Abd-el-kader dunehaine immortelle, Mustapha-Ben-Ismaël avait cherché notrealliance, et associé fidèlement à notre drapeau tricoloreses deux étendards vert et blanc. Notre civilisation, du, reste, lavait gagné sans le surprendre ni léblouir.

A neuf heures du matin, on fit halte dans un vallon duplus riant aspect, que baignaient les eaux de la Tafna.était le lieu du rendez-vous. Mais on ny rencontrait quela solitude, le silence; et pas un cavalier arabe ne se des-sinait à lhorizon. Le soldat se sentit humilié. 11 fallutattendre, et lon attendit long-temps. Les vedettes reve-naient sans nouvelles. Habile à s'entourer deprestige, Abd-el-kader avait voulu se donner auprès des siens lavanlagedune supériorité apparente, et le dédain qu'il affectait àlégard du chef des infidèles était un calcul de sa poli-tique musulmane . Le jour commençait à baisser, l'émir neparaissait pas; et, pendant que, tourné en gaîté, le mécon-tentement des troupes sévaporait de toutes parts en vivessaillies, le général Bugeaud avait peine à dissimuler sacolère. Enfin, lapproche des Arabes est annoncée. Alinstant môme, les tambours rappellent, les faisceaux se