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Tome cinquième.
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CHAPITRE IX.

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rais lui ayant tendu la main, il la lui serra par deux fois,sauta rapidement à terre et s'assit. Le général Bugeaud prit place auprès de lui, et l'entretien commença.

Lémir était de petite taille. Il avait le visage sérieux etpâle, les traits délicats et légèrement altérés, l'œil ardent.Ses mains, qui jouaient avec un chapelet suspendu à soncou, étaient fines et dune distinction parfaite. Il parlaitavec douceur, mais il y avait sur ses lèvres et dans lex-pression de sa physionomie une certaine affectation dedédain. La conversation porta naturellement sur la paixqui venait dètre conclue ; et Ahd-el-Kader parla de lacessation des hostilités avec une mensongère et fastueuseindifférence. Le général français lui faisant observer quele traité ne pourrait être mis à exécution quaprès avoirété approuvé, mais que la trêve était favorable aux Arabes ,puisque, tant quelle durerait, on ne toucherait pas à leursmoissons : « Tu peux dès à présent les détruire, répor-« dit-il, et je ten donnerai par écrit, si tu veux, l'autori-« sation. Les Arabes ne manquent pas de grain. »

Lentretien fini, le général Bugeaud sétait levé, et l'é-mir restait assis. Blessé au vif, le général français le pritalors par la main, et, lattirant à lui d'un mouvementbrusque : « Mais relevez-vous donc! » Les Français furentcharmés de cette inspiration dune âme impérieuse etintrépide, et les Arabes laissèrent percer leur étonnement.Quant à l'émir, saisi d'un trouble involontaire, il se re-tourna sans proférer une parole, sauta sur son cheval, etregagna les siens. En même temps on entendit une puis-sante clameur que les échos prolongèrent de colline encolline. Vive le sultan! criaient avec enthousiasme lestribus. Un violent coup de tonnerre vint ajouter à l'effetv.

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