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Tome cinquième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

avait-il prononcé ces mots, quon le vit tomber à la ren-verse, frappé dun boulet de canon. Le général Perrégauxse penchant aussitôt sur lui, une balle latteignit à la tète.Le gouverneur-général fut relevé avec une émotion pleinede respect par les témoins de sa mort glorieuse, et, quel-ques instants après, le corps sanglant traversait larmée,couvert dun manteau.

Parmi les soldats, il y en eut qui pleurèrent leur chef :tous saluèrent sa destinée. Le commandement revenait dedroit au lieutenant-général Valée : il le prit, aux applau-dissements des troupes ; et ce fut avec transport quellesreçurent, le jour même, la grande nouvelle de lassautpour le lendemain.

Le lendemain était un vendredi. Or, daprès unecroyance superstitieuse depuis long-temps répandue parmiles Arabes , le vendredi devait marquer en Afrique letriomphe définitif des chrétiens. Mais Constantine ne senpréparait pas moins à une résistance furieuse. Et, de leurcôté, les Français se montraient sûrs de vaincre, puisquec'était corps à corps quils allaient saisir lennemi. Lestroupes destinées à lassaut avaient été, dès la veille, di-visées en trois colonnes, sous les ordres du lieutenant-co-lonel Lamoricière, du colonel Combes et du colonel Corbin.A sept heures, le signal est donné, et au bruit des tam-bours tous les cœurs palpitent dimpatience et de joie. Leciel était radieux ce jour-. Commandée par Lamoricière ,la première colonne, au milieu de la plus vive fusillade,gagne le rempart au pas de course. Voilà les zouaves de-bout sur la brèche; et le drapeau tricolore, quy plante lecapitaine Garderens, est salué par de victorieuses accla-mations. Mais le danger restait caché dans le triomphe.