CHAPITRE IX.
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gradins en gradins et refoulés dans Constantine. Le12, les travaux étaient terminés : on touchait enfin àl'assaut !
Tout-à-coup, un jeune musulman, sorti des rangs del’armée française, s’avança vers la ville, agitant un papierd'une main et de l’autre un drapeau blanc. Les assiégéslui jetèrent des cordes et le hissèrent sur le rempart.C’était un parlementaire que le général Damrémont en-voyait aux assiégés pour les sommer de se rendre, avantle signal décisif et terrible. Le lendemain l’envoyé revintavec cette fière et noble réponse : « Si les français n'ont« plus de poudre et de pain, nous leur en donnerons.« Nous défendrons à outrance nos maisons et notre ville.« On ne sera maître de Constantine qu’après avoir égorgé« son dernier défenseur. »
M. de Damrémont prit aussitôt son parti. Depuis lecommencement du siège, qu’il dirigeait d’ailleurs en gé-néral expérimenté, il n’avait cessé de prodiguer sa per-sonne en soldat ; si bien, qu’en le voyant passer dans lesretranchements, le front chargé de soucis, mais d’un pasqui semblait chercher le péril, quelques-uns l'avaient crudécidé à mourir si la fortune pour la seconde fois nousétait contraire. Heureusement, l'assaut était devenu pra-ticable, et il n’v avait plus à douter du succès. Plein deconfiance désormais, etsuivid’un petit groupe d’olliciers.le comte de Damrémont se dirigea vers Koudiat-Aty.Arrivé sur un point très-découvert, il s’y arrêta et se mità observer la brèche. « Prenez garde, lui dit alors le« général Rullières, qui était venu au-devant de lui :« nous sommes ici au point de mire de l’ennemi. — C’est« égal, répondit froidement M. de Damrémont. » A peine