CHATITRE
2<;i
fougueux dans leurs agressions : s’ils se décidaient àl'attaque, disait-on, ils ne savaient que tirer l’épée, et leurrepos même n’était qu’un isolement farouche. Eh bien, illeur plaisait de prouver combien était injuste l’exagérationde ces reproches. Les élections allaient commencer: ils yprendraient part et ils invitaient l'Opposition dynastiqueà joindre ses efforts aux leurs. Mais pour qu’une telle asso-ciation fût morale, il fallait qu’on la nouât sans secrètepensée, sans lâche détour, avec l'autorité que donnentaux actions humaines la droiture des intentions et la net-teté des aveux. Pas de compromis équivoque entre lesprincipes contraires, pas de concessions mollement échan-gées. 11 s'agissait d'allier les forces contre un ennemi com-mun, non de confondre les drapeaux.
La proposition était loyale : ce fut avec un mélanged'estime et d'inquiétude que ceux à qui elle s’adressait l’é-coutèrent, et MM. Chambolleet Léon Kaueher n’hésitèrentpas à la repousser. Ne savait-on pas quel esprit animaitla plupart des électeurs, et que la .politique radicale leurétait un sujet d'effroi? L'Opposition dynastique commet-trait donc une faute grave en se traînant comme auxiliaireà la suite d'hommes qui, par un scrupule aussi fatalqu'honorable et nécessaire, ne voidaient rien céder surleurs doctrines et s'en faisaient gloire. M. Dupont répon-dit d’une manière impétueuse et hautaine. 11 laissait en-tendre que, si l’on refusait de s'unir à eux, les radicauxse sentaient assez forts pour marcher seuls. L'agitationgagna l’assemblée.
Là se trouvait un professeur du collège de France à quiun vif talent de journaliste et des opinions populaires élo-quemment propagées avaient valu, parmi la jeunesse,'