CHAPITRE XIV.
153
ce prix la France fût humiliée, détachée de ses alliances :pourvu qu'à ce prix une aigreur jalouse séparât pourlongtemps, peut-être pour toujours, les deux Cabinetsdont les Cours du Nord avaient tant redouté le concert.; 1
Une ligue était donc formée contre la France : on yappela l’Autriche , la Prusse, et elles s’empressèrent d’yentrer. M. de Fiquelmont, qui, pendant la maladie duprince de Metternich, avait eu, à Vienne , la conduite desaffaires, s’clait un instant montré d’accord avec le gou-vernement français ; mais la dépêche qui contenait l'adhé-sion de M. de Fiquelmont aux vues des ministres du 12mai avait dû passer par Johannisberg, où M. de .Metter-nich la retint et l’annula. De sorte qu’en présence desgrandes Cours par elle-même rapprochées et réunies, laP'rance restait isolée !
Ce fut à peine si, dans l’excès de leur aveuglement, lesministres du 12 mai s’en aperçurent. Croyant que la par-tie pouvait encore être gagnée, ils rappelèrent de Londres ,en le remplaçant par M. Guizot , le général Sébastiani, nonmoins opposé que l’amiral Roussin aux prétentions duvice-roi ; et ils persistèrent à réclamer pour Méhémet-AIil'Égypte et la Syrie héréditaires. Mais l’Angleterre se sen-taiUdésormais, et irrévocablement, maîtresse du terrain.Pour mieux colorer l'intervention des quatre Puissancesliguées, elle désira que le sultan intervînt dans le traité àconclure, et que jusqu’à l'arrivée d'un plénipotentiaireturc les négociations demeurassent suspendues.
Cependant, l’année 1810 venait de s'ouvrir ; les Cham-bres françaises s'étaient rassemblées, et l'on portait denouveau devant elles le débat de l’Europe entière. La dis-cussion fut brillante et vive , mais elle ressuscita sans la