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HISTOIRE DE DIX ANS.
rajeunir une lutte que nous avons déjà décrite. On y com-battit pour ou contre des systèmes connus au moyen deconsidérations jépuisées. Seul M. Thiers y prononça undiscours de nature à modifier le mouvement des choses.M. Thiers n’était pas précisément contraire à Méhémet- Ali ; mais il lui déplaisait de le rencontrer sur le. cheminde l’alliance anglaise. Quelque avantage qu’il vît à le sou-tenir, le profit lui en paraissait moindre que le péril..D’autre part, l’opinion, en France , s’était partout déclaréeen faveur du pacha d’Égypte avec un élan qui tenait del’enthousiasme-, et M. Thiers était depuis quelque tempsfort soigneux de sa popularité. De là son discours, quiétait à double entente. Qu’on dût venir en aide au vice-roi, qu’on dût lui conserver ce que lui avaient acquis sestravaux et la victoire, M. Thiers ne le niait pas. 11 analy-sait [même en termes pleins de justesse et d’éclat les di-verses fautes commises par les ministres ; il en déploraitla source -, il indiquait les moyens propres, suivant lui, àen prévenir les conséquences. Mais ensuite, abordant laquestion de l’alliance anglaise : « Je suis, je l’avoue, dit-« il, partisan de l’alliance anglaise, partisan comme« un homme qui n’oublie jamais la fierté de son pays.« Non, je ne puis pas encore renoncer à cette belle et« noble alliance, qui est fondée non-seulement sur la puis-« sance matérielle, mais encore sur la force morale des« principes. Car, quand nous sommes avec l’Angleterre,« nous ne sommes pas obligés de cacher notre drapeau.« D’accord avec l’Angleterre, nous pouvons élever nos« deux drapeaux -, ils portent pour devise : liberté modé-
« rée et paix du monde . Et sur quoi se fonde-t-on
« pour combattre l’alliance anglaise? Quelle a été la cause