Band 
Tome cinquième.
Seite
454
JPEG-Download
 

♦54

HISTOIRE DE DIX ANS.

rajeunir une lutte que nous avons déjà décrite. On y com-battit pour ou contre des systèmes connus au moyen deconsidérations jépuisées. Seul M. Thiers y prononça undiscours de nature à modifier le mouvement des choses.M. Thiers nétait pas précisément contraire à Méhémet- Ali ; mais il lui déplaisait de le rencontrer sur le. cheminde lalliance anglaise. Quelque avantage quil vît à le sou-tenir, le profit lui en paraissait moindre que le péril..Dautre part, lopinion, en France , sétait partout déclaréeen faveur du pacha dÉgypte avec un élan qui tenait delenthousiasme-, et M. Thiers était depuis quelque tempsfort soigneux de sa popularité. De son discours, quiétait à double entente. Quon dût venir en aide au vice-roi, quon dût lui conserver ce que lui avaient acquis sestravaux et la victoire, M. Thiers ne le niait pas. 11 analy-sait [même en termes pleins de justesse et déclat les di-verses fautes commises par les ministres ; il en déploraitla source -, il indiquait les moyens propres, suivant lui, àen prévenir les conséquences. Mais ensuite, abordant laquestion de lalliance anglaise : « Je suis, je lavoue, dit-« il, partisan de lalliance anglaise, partisan comme« un homme qui noublie jamais la fierté de son pays.« Non, je ne puis pas encore renoncer à cette belle et« noble alliance, qui est fondée non-seulement sur la puis-« sance matérielle, mais encore sur la force morale des« principes. Car, quand nous sommes avec lAngleterre,« nous ne sommes pas obligés de cacher notre drapeau.« Daccord avec lAngleterre, nous pouvons élever nos« deux drapeaux -, ils portent pour devise : liberté modé-

« rée et paix du monde . Et sur quoi se fonde-t-on

« pour combattre lalliance anglaise? Quelle a été la cause