CHAPITRE XIV.
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entr’autres, à M. Lherbette, qui ne craignit pas de s’écrieren plein parlement : « J’ai vu des chiffres, mais pas de« pièces à l’appui! » Le jour du vote, 20 février 1840,étant arrivé, seul M. Couturier prononça coiltre le projetde loi quelques paroles graves et dignes. Puis, froide, si-lencieuse, la Chambre alla au scrutin : 226 boules noiresen sortirent. C’était une majorité de 26 voix qui rejetaitla loi de famille. Les ministres du 12 mai se confessèrentvaincus et se retirèrent.
Dans leur passage aux affaires, ils avaient eu des inspi-rations louables. Et, par exemple, ils avaient déclaré, audébut, qu’il serait coupé court désormais au scandaled’une presse subventionnée. 11 est juste aussi de rappelerque ce fut M. Teste qui le premier fit sérieusement effortcontre le criant abus de la vénalité des offices. C’étaittoucher à un des privilèges d’argent sur lesquels reposele règne delà bourgeoisie. Elle poussa un cri furieux. Etles intérêts qu’on venait d’alarmer étaient si forts, que,sauf trois ou quatre feuilles qui jouèrent noblement leurexistence par respect pour la vérité, la presse de l’Oppo-sition garda un silence coupable. L’entreprise échouadonc; mais elle n’en mérite pas moins une mention dansl’histoire, car elle fut honnête et courageuse. Pour cequi est du dehors, rien de plus déplorable que la poli-tique des ministres du 12 mai. La fortune leur avait donnéà gouverner une telle affaire, qu’ils y pouvaient gagnerune gloire immortelle. Notre influence en Égypte une foisconsolidée, la Méditerranée était à nous et nous frappionsaux portes de l’Asie. Malheureusement, loin d’élever lesministres du 12 mai, la grandeur de la tâche les accabla.En Europe , ils auraient dû, par une alliance étroite et