4 GO
HISTOIRE DE DIX ANS.
comminatoire avec l’Angleterre, couvrir Constantinople du côté des Russes , et, en Orient, laisser passer le géniede Méhémet et la victoire. Ils firent le contraire. Liantdeux questions qu’il était de notre intérêt de séparer, ilsfirent dépendre l'indépendance du Bosphore de l'immobi-lité d'ibrahim victorieux, et ils appelèrent imprudemmentl’Europe à régler le partage de l’Orient, lorsqu’il étaitmanifeste qu'elle le réglerait sans nous et contre nous. Envain y eut-il pour la France et pour le vice-roi accumu-lation de bonnes chances, savoir : la mort du sultan, ladéfaite de son armée, la défection de sa (lotte, les minis-tres du 12 mai se mirent en révolte ouverte contre leurpropre bonheur et les arrêts apparents de la destinée. Ilsarrêtèrent Ibrahim prêt à franchir le Taurus ; ils recon-nurent qu'on devait à peine tenir compte de la victoire deNézib ; ils exigèrent de Méhémet-Ali la restitution de laHotte turque; ils apposèrent à l’arrangement direct déjàconclu au profit du vice-roi, le véto de la France . Qu’enrésulta-t-il? La France et l’Angleterre n'étant pas d’ac-cord sur la question égyptienne , la Russie se joignit àl’Angleterre pour nous humilier et nous affaiblir. Animéesdépassions contre-révolutionnaires, rendues à leurs vieuxressentiments, l’Autriche et la Prusse suivirent. L’Europe entière se trouva d'un côté, la France restait seule del’autre! Au milieu de tant de sujets d’alïliction, l’Afrique ,du moins, nous envoya quelques nouvelles consolantes.l)e brillants faits d’armes y signalaient notre présence, et,■dans les premiers jours du mois de février 1840, Maza-gran, défendu par une poignée de Français contre desmilliers d’Arabes, avait jeté sur les tristesses de la patrie•un reflet de gloire et d’héroïsme.