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HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
tin pont que sa division devait franchir encore dansla nuit du 2 au 3, pour aller soutenir Starray. Cedernier, informé de l’approche de l’armée française,s’était avancé sur Rotlendorf afin de se lier avecHotze. Le 3, au matin , l’archiduc se rendit de sapersonne au pont de Schwarzach , lequel, à songrand étonnement, n’était pas encore achevé. IIy accéléra le passage des troupes du généralKray.
Jourdan ignorant que son adversaire eût franchile Mein avec la majeure partie de son armée , etcroyant n’avoir affaire qu'à l’avant garde qu’ilavait combattue à Burg-Eberaeh, fit ses dispositionsen conséquence : la division de cavalerie dut sou-tenir les troupes delà droite qui escarmouchèrentavec les escadrons du prince de Lichtenstein enavant du bois : Ghampionnet reçut l’ordre des’emparer du bois d’Estenfeld qui couvrait l’ailedroite de Starray : enfin, il fut prescrit au généralGrenier de s’avancer sur Selingstadt pour chercherà couper l’ennemi de son point de communicationavec le Mein. On ne tarda pas à s’apercevoir queces dispositions, bonnes tout au plus si l’on n’avaiteu affaire qu’à l’avant-garde autrichienne, deve-naient très-dangereuses devant une armée supé-rieure en nombre.
Un brouillard épais avait empêché les deuxpartis de distinguer leurs mouvements. Jusqu’alorsl’archiduc ne savait pas plus que son adversaires’il était en présence d’une arricre-garde ou detoute l’armée. Ce ne fut que vers onze heures quece brouillard se dissipant, on aperçut Jourdan ma-nœuvrer avec le gros de ses forces, contre les flancsde Starray, qui disputait le terrain pied à pied.Le prince ordonna aussitôt au général Kray, forméen colonne dans le vallon en face de Dettelbach ,de longer le Mein à la faveur des hauteurs, et dedéboucher vivement sur Neusetz contre le flancgauche des Français ; tandis que l’intrépide War-tcnsleben se jetait dans le Mein à la tête de sesescadrons, et suivi des grenadiers qui défilaientsur le pont, se déployait dans le vallon près d’Euer-feld, derrière le prince de Lichtenstein. Celui-cise prolongea alors vers la droite pour gagner leflanc gauche des républicains.
Au même moment, le général Grenier marchaitsur Selinsgtadt. Dès qu’il aperçut la cavalerie im-
périale se développer dans la plaine, il prit la re'solution de ne faire partir que son infanterie le'gère, soutenu d’une demi-brigade de ligne et d’« nrégiment de dragons ; mais Championnet ayantappuyé à droite sur ces entrefaites, et se trouvantdéjàaux prises, ces troupes se trouvèrent de suiteen première ligne, et bientôt obligées de combattrecontre des forces supérieures. L’avant-garde >commandée par Ney, qui était encore en avantd’Oberbleichsfeld, fut serrée de très-près et sur lepoint d’être enveloppée plusieurs fois par la cava-lerie de Kray qui avançait sur deux lignes : Gre-nier porta aussitôt quelques bataillons et un régi-ment de dragons sur une hauteur à droite de cevillage, pour donner aux troupes de Ney la facilitéde se retirer. Ce fut dans cette position, qu’aprèsavoir opéré leur réunion , elles combattirent avecla dernière opiniâtreté.
Instruit de ce qui se passait sur ce point, legénéral en chef s’y porta de sa personne : il vitalors que le prince Charles, ayant passé le Mein 1inondait la plaine de sa nombreuse cavalerie, qn*déjà débordait entièrement l’aile gauche.
En effet, Wartenslcben, arrivé à Erfeldorf avecles réserves de cette arme, les fit déployer ; les lAescadrons de troupes légères de Lichtenstein seformèrent à sa droite; on n’attendait plus que lesgrenadiers du général Wernech pour donner le si-gnal de l’attaque.
Jourdan ordonna alors à Bonnaud de se porteravec la réserve de cavalerie en avant d’Oberbleichs-feld, où le général Klein avaitdéjà conduit les deu*régiments de dragons de la division Championne!-Bonnaud prit le commandement de toutes les trou-pes à cheval réunies sur ce point ; mais lorsqu’ddéboucha dans la plaine par l’intervalle resserréqui existe entre deux petits bois, la cavalerie lé*1ère française était déjà vivement repoussée sur I»gauche par les Autrichiens : à l’instant même s atête de colonne fut menacée par une masse degrosse cavalerie qui s’avançait fièrement en co-lonne par escadrons. La position de ce brave gé-néral était critique; il fallait ou fuir ou prendreavec audace l’initiative; il se décida à ce derniCparti : la charge sonne ; les deux troupes se cho-quent avec fureur; la droite des Français comme 11 'çait à plier, lorsque la gauche, par un mouvcfflC' 11