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3 (1841) Campagnes de 1796, 1797, 1798 et 1799 / par Jomini
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HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

tin pont que sa division devait franchir encore dansla nuit du 2 au 3, pour aller soutenir Starray. Cedernier, informé de lapproche de larmée française,sétait avancé sur Rotlendorf afin de se lier avecHotze. Le 3, au matin , larchiduc se rendit de sapersonne au pont de Schwarzach , lequel, à songrand étonnement, nétait pas encore achevé. IIy accéléra le passage des troupes du généralKray.

Jourdan ignorant que son adversaire eût franchile Mein avec la majeure partie de son armée , etcroyant navoir affaire qu'à lavant garde quilavait combattue à Burg-Eberaeh, fit ses dispositionsen conséquence : la division de cavalerie dut sou-tenir les troupes delà droite qui escarmouchèrentavec les escadrons du prince de Lichtenstein enavant du bois : Ghampionnet reçut lordre desemparer du bois dEstenfeld qui couvrait lailedroite de Starray : enfin, il fut prescrit au généralGrenier de savancer sur Selingstadt pour chercherà couper lennemi de son point de communicationavec le Mein. On ne tarda pas à sapercevoir queces dispositions, bonnes tout au plus si lon navaiteu affaire quà lavant-garde autrichienne, deve-naient très-dangereuses devant une armée supé-rieure en nombre.

Un brouillard épais avait empêché les deuxpartis de distinguer leurs mouvements. Jusqualorslarchiduc ne savait pas plus que son adversairesil était en présence dune arricre-garde ou detoute larmée. Ce ne fut que vers onze heures quece brouillard se dissipant, on aperçut Jourdan ma-nœuvrer avec le gros de ses forces, contre les flancsde Starray, qui disputait le terrain pied à pied.Le prince ordonna aussitôt au général Kray, forméen colonne dans le vallon en face de Dettelbach ,de longer le Mein à la faveur des hauteurs, et dedéboucher vivement sur Neusetz contre le flancgauche des Français ; tandis que lintrépide War-tcnsleben se jetait dans le Mein à la tête de sesescadrons, et suivi des grenadiers qui défilaientsur le pont, se déployait dans le vallon près dEuer-feld, derrière le prince de Lichtenstein. Celui-cise prolongea alors vers la droite pour gagner leflanc gauche des républicains.

Au même moment, le général Grenier marchaitsur Selinsgtadt. Dès quil aperçut la cavalerie im-

périale se développer dans la plaine, il prit la re'solution de ne faire partir que son infanterie le'gère, soutenu dune demi-brigade de ligne et d« nrégiment de dragons ; mais Championnet ayantappuyé à droite sur ces entrefaites, et se trouvantdéjàaux prises, ces troupes se trouvèrent de suiteen première ligne, et bientôt obligées de combattrecontre des forces supérieures. Lavant-garde >commandée par Ney, qui était encore en avantdOberbleichsfeld, fut serrée de très-près et sur lepoint dêtre enveloppée plusieurs fois par la cava-lerie de Kray qui avançait sur deux lignes : Gre-nier porta aussitôt quelques bataillons et un régi-ment de dragons sur une hauteur à droite de cevillage, pour donner aux troupes de Ney la facilitéde se retirer. Ce fut dans cette position, quaprèsavoir opéré leur réunion , elles combattirent avecla dernière opiniâtreté.

Instruit de ce qui se passait sur ce point, legénéral en chef sy porta de sa personne : il vitalors que le prince Charles, ayant passé le Mein 1inondait la plaine de sa nombreuse cavalerie, qn*déjà débordait entièrement laile gauche.

En effet, Wartenslcben, arrivé à Erfeldorf avecles réserves de cette arme, les fit déployer ; les lAescadrons de troupes légères de Lichtenstein seformèrent à sa droite; on nattendait plus que lesgrenadiers du général Wernech pour donner le si-gnal de lattaque.

Jourdan ordonna alors à Bonnaud de se porteravec la réserve de cavalerie en avant dOberbleichs-feld, le général Klein avaitdéjà conduit les deu*régiments de dragons de la division Championne!-Bonnaud prit le commandement de toutes les trou-pes à cheval réunies sur ce point ; mais lorsquddéboucha dans la plaine par lintervalle resserréqui existe entre deux petits bois, la cavalerie*1ère française était déjà vivement repoussée sur I»gauche par les Autrichiens : à linstant même s atête de colonne fut menacée par une masse degrosse cavalerie qui savançait fièrement en co-lonne par escadrons. La position de ce brave gé-néral était critique; il fallait ou fuir ou prendreavec audace linitiative; il se décida à ce derniCparti : la charge sonne ; les deux troupes se cho-quent avec fureur; la droite des Français comme 11 'çait à plier, lorsque la gauche, par un mouvcfflC' 11