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3 (1841) Campagnes de 1796, 1797, 1798 et 1799 / par Jomini
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fflSTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

nœuvrail pour les tourner par les ailes. Sa gaueliese porta par Birkenhardt sur le Lindeberg et Bi-beracli, dont elle sempara ; sa droite marcha parOberndorf sur Mittel-Biberacli. Kospoth, culbutédans le ravin par lattaque de front, se vit forcé dedéfiler en colonne entre les deux divisions de De-saix; la tête parvint à se faire jour, mais cinq ba-taillons entiers furent pris après des efforts inutilesde valeur.

Latour avant d être instruit de cet échec, agitépar le pressentiment du danger auquel il sexpo-sait en engageant une affaire dans une si mauvaiseposition, avait déjà fait filer tous ses parcs et sa ré-serve dinfanterie de Groth sur Umendorf , prescrità Mereantin de se retirer sur Eberhardszell , àCondé de prendre position vers Schweinliausen, eta Baillet et Kospoth, de se replier par Biberach ,derrière la Ryss.

11 nétait déjà plus temps : Saint-Cyr rassurésur son flanc droit, et instruit probablement despremiers succès de laile gauche, venait dordon-ner aux 84° et 106° demi-brigades, soutenues dequelques escadrons, dattaquer Grolli , tandis quela brigade Gérard le tournerait par Ileute. Latourtraversa en combattant les bois de Rindemoos,puis essaya de se reformer vers Gretschweiler :suivi en queue par Saint-Cyr , et trouvant Desaixdéjà maître de Biberach , il ne fut plus question detenir tète au premier, mais bien de se faire jourà travers les masses du second ; la moitié de sacolonne fut assez heureuse pour passer, le restefut pris ou dispersé dans les bois. Dune autre côté,Mereantin gagna Eberhardzell sans être inquiété :le corps de Condé, poursuivi par les 19° et 100 edemi-brigades jusquauprès dAppendorf, ny ar-riva pas sans avoir éprouvé quelque perle. Latourrassembla ses troupes pendant la nuit derrièreRingschneidt, et porta Baillet à Laupheim .

Une victoire complète couronua donc les dis-positions de Moreau. Les Autrichiens perdirentdans celte journée 4,000 prisonniers , 18 piècesde canon et 2 drapeaux. Sans le contre-temps quiempêcha laile droite dexccuter le mouvementqui lui était prescrit, le corps de Mereantin eût étéplacé dans la môme position que ceux de Latour etBailleljil ne dut son salut quà légarement de l'ordon-nance qui portait l'ordre du général en chefàlériuo.

Ce premier succès ne tirait pas encore larmé®du Rhin dembarras; car, tandis quelle accablai*Latour, le corps de Naucndorf avait filé sur Ile-chingen,où il sétait lié à celui de Petrasch. Si cesdeux divisions, fortes denviron 20.000 hommes!avaient trop de routes et de postes à garder poufarrêter une armée de 60,000 combattants, elle®pouvaient néanmoins inquiéter sa marche, et Dretarder jusquà larrivée de larcliiduc sur la Remehen. Le temps était dautant plus précieux, quedéjà ce prince était en pleine marche avec unepartie des forces de larmée du bas Rhin pour sejoindre au corps de Latour ; il avait môme déjà fai*passer le Rhin à Manheim à la division Ilotze,pour jeter lalarme dans lAlsace , et peut-êtresemparer de Landau. Cette incursion , dailleurspromptement repoussée par le général du génieMarescot qui se trouvait sur ce point avec une demi'brigade , fut une faute. Larchiduc eût beaucoupmieux fait de porter rapidement cette division surles communications de larmée française.

Quoi quil en soit, lapproche de ce prince dé-cida Moreau à renoncer au projet de se retirer surStrasbourg par la vallée de la Kintzig, déjà tropbien gardée et trop rapprochée des corps accourusdes bords du Mein. Il prit donc la route directe duvaldEnfer,nc laissant devant Latour quune fortearrière-garde; le gros de larmée passa le Danube vers Riedlingen , et se porta ensuite sur Friedingeuet Slockach ; son avant-garde sempara des postesde Villingcn et de Rothweil; une demi-brigadeescorta les équipages et les parcs de larmée, q ulfilèrent sans obstacle sur Ifuningue par la routedes villes forestières. Le centre fut destiné à forcerle passage du val d Euler ; la droite à tenir tête :1Latour vers Tultlingen ; la gauche à contenuNaucndorf près de Rothweil.

U arriva ce quil était aisé de prévoir; les Autri'chiens, qui voulaient envelopper larmée français 0dun rideau de petits corps, ne se trouvèrent enmesure nulle part ; lavant-garde de Saint-Cyr!conduite par le général Gérard, dit Vieux, ne ren-contra à Neustadt et au val dEnler que deux b»'taillons aux ordres du colonel dAspres, queB®rejeta sur Emmendingcn avec perte de 2 àhommes. Le 12 octobre, à midi, Saint-Cyr entra aFribourg sans résistance; les jours suivants, I e