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fflSTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
nœuvrail pour les tourner par les ailes. Sa gaueliese porta par Birkenhardt sur le Lindeberg et Bi-beracli, dont elle s’empara ; sa droite marcha parOberndorf sur Mittel-Biberacli. Kospoth, culbutédans le ravin par l’attaque de front, se vit forcé dedéfiler en colonne entre les deux divisions de De-saix; la tête parvint à se faire jour, mais cinq ba-taillons entiers furent pris après des efforts inutilesde valeur.
Latour avant d être instruit de cet échec, agitépar le pressentiment du danger auquel il s’expo-sait en engageant une affaire dans une si mauvaiseposition, avait déjà fait filer tous ses parcs et sa ré-serve d’infanterie de Groth sur Umendorf , prescrità Mereantin de se retirer sur Eberhardszell , àCondé de prendre position vers Schweinliausen, eta Baillet et Kospoth, de se replier par Biberach ,derrière la Ryss.
11 n’était déjà plus temps : Saint-Cyr rassurésur son flanc droit, et instruit probablement despremiers succès de l’aile gauche, venait d’ordon-ner aux 84° et 106° demi-brigades, soutenues dequelques escadrons, d’attaquer Grolli , tandis quela brigade Gérard le tournerait par Ileute. Latourtraversa en combattant les bois de Rindemoos,puis essaya de se reformer vers Gretschweiler :suivi en queue par Saint-Cyr , et trouvant Desaixdéjà maître de Biberach , il ne fut plus question detenir tète au premier, mais bien de se faire jourà travers les masses du second ; la moitié de sacolonne fut assez heureuse pour passer, le restefut pris ou dispersé dans les bois. D’une autre côté,Mereantin gagna Eberhardzell sans être inquiété :le corps de Condé, poursuivi par les 19° et 100 edemi-brigades jusqu’auprès d’Appendorf, n’y ar-riva pas sans avoir éprouvé quelque perle. Latourrassembla ses troupes pendant la nuit derrièreRingschneidt, et porta Baillet à Laupheim .
Une victoire complète couronua donc les dis-positions de Moreau. Les Autrichiens perdirentdans celte journée 4,000 prisonniers , 18 piècesde canon et 2 drapeaux. Sans le contre-temps quiempêcha l’aile droite d’exccuter le mouvementqui lui était prescrit, le corps de Mereantin eût étéplacé dans la môme position que ceux de Latour etBailleljil ne dut son salut qu’à l’égarement de l'ordon-nance qui portait l'ordre du général en chefàl’ériuo.
Ce premier succès ne tirait pas encore l’armé®du Rhin d’embarras; car, tandis qu’elle accablai*Latour, le corps de Naucndorf avait filé sur Ile-chingen,où il s’était lié à celui de Petrasch. Si cesdeux divisions, fortes d’environ 20.000 hommes!avaient trop de routes et de postes à garder poufarrêter une armée de 60,000 combattants, elle®pouvaient néanmoins inquiéter sa marche, et Dretarder jusqu’à l’arrivée de l’arcliiduc sur la Remehen. Le temps était d’autant plus précieux, quedéjà ce prince était en pleine marche avec unepartie des forces de l’armée du bas Rhin pour sejoindre au corps de Latour ; il avait môme déjà fai*passer le Rhin à Manheim à la division Ilotze,pour jeter l’alarme dans l’Alsace , et peut-êtres’emparer de Landau. Cette incursion , d’ailleurspromptement repoussée par le général du génieMarescot qui se trouvait sur ce point avec une demi'brigade , fut une faute. L’archiduc eût beaucoupmieux fait de porter rapidement cette division surles communications de l’armée française.
Quoi qu’il en soit, l’approche de ce prince dé-cida Moreau à renoncer au projet de se retirer surStrasbourg par la vallée de la Kintzig, déjà tropbien gardée et trop rapprochée des corps accourusdes bords du Mein. Il prit donc la route directe duvald’Enfer,nc laissant devant Latour qu’une fortearrière-garde; le gros de l’armée passa le Danube vers Riedlingen , et se porta ensuite sur Friedingeuet Slockach ; son avant-garde s’empara des postesde Villingcn et de Rothweil; une demi-brigadeescorta les équipages et les parcs de l’armée, q ulfilèrent sans obstacle sur Ifuningue par la routedes villes forestières. Le centre fut destiné à forcerle passage du val d Euler ; la droite à tenir tête :1Latour vers Tultlingen ; la gauche à contenuNaucndorf près de Rothweil.
U arriva ce qu’il était aisé de prévoir; les Autri'chiens, qui voulaient envelopper l’armée français 0d’un rideau de petits corps, ne se trouvèrent enmesure nulle part ; l’avant-garde de Saint-Cyr!conduite par le général Gérard, dit Vieux, ne ren-contra à Neustadt et au val d’Enler que deux b»'taillons aux ordres du colonel d’Aspres, qu’eB®rejeta sur Emmendingcn avec perte de 2 àhommes. Le 12 octobre, à midi, Saint-Cyr entra aFribourg sans résistance; les jours suivants, I e