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3 (1841) Campagnes de 1796, 1797, 1798 et 1799 / par Jomini
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LIVRE XIV, CIIAP. LXXXVIII.

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défense ne futpasmoins opiniâlrequelattaque. Lesssiégés, dirigés par le colonel Phélippeaux , creu-8 erent un boyau dans le fossç, pour prendre à re-vers les grenadiers quon envoyait à la brèche, etParvinrent même à élever quelques ouvrages en-i *rc la ville et le camp. Tous les jours étaient mar-[ Inès par de nouvelles sorties; et, dans lune delles,l 'ls réussirent àéventer la mine de la courtine. Celle| poussée contre la tour nayant pas produit leffetj quon en attendait, il semble quon aurait porterles efforts sur un autre point, avec dautant plusde raison, quon nignorait pas que cette tour nof-frait aucun débouché dans lintérieur; mais on sobstina à sen rendre maître; on multiplia des at-taques qui échouèrent toutes, et coûtèrent la viei au brave Caffarelli.

I Le fléau de la peste, dont le soldat avait apportéle germe du sac de Jaffa , aggrava bientôt les fati-I gués inséparables dun siège aussi long; et, pourj comble de disgrâces, un convoi de 80 voiles venantj de Pile deRhodcs entra le 7 mai dans la rade, avecde puissantssecours dhommes, de vivres et de mu-! Citions. Bonaparte sentit que pour conserver quel-j que espoir de succès, il fallait en prévenir le dé-barquement; et, le même jour, il ordonna lassaut.

A dix heures du soir, la division Bon se porta surles ouvrages extérieurs des assiégés, les en chassa,et. malgré la plus vigoureuserésistance, escalada la'our elle pouvait se loger. Lartillerie ayant pro-fité de ce demi-succès pour battre la courtine, àfia pointe du" jour la brèche fut praticable, et le gé-néral Lannes reçut lordre dy marcher. La tètede sa division, composée de 200 grenadiers com-mandés par le général Rambaud, arriva jusqu aur etnpart, sous la protection des soldats placés surtour. Mais les Turcs, revenus bientôt de leurP r emière terreur , filent dans le fossé, se jettentmitre ces pelotons et le reste des troupes de Lan-ri(1 s quils refoulent jusque dans les tranchées. LesS r enadiers de Rambaud, au contraire, après avoirCs caladé la courtine et le retranchement intérieurl'ie Phélippeaux avait fait établir en arrière, sau-vent dans la place au moment les troupes debannes accablées battaient en retraite. Ces braves,'"'limes de leur intrépidité, ne conservant plusdespoir dêtre secourus, se retranchent dans uneMosquée, déterminés à vendre chèrement leur vie:

Tojiii m.

bientôt les barbares les entourent, en poussant deshurlements affreux. Déjà ils avaient consommétoutes leurs cartouches: il ne leur restait dautresarmes que des baïonnettes, lorsque Sidney Smith,touché de tant de valeur, sinterposa entre eux etles Turcs, et leur accorda une capitulation à la-quelle ils nosaient plus prétendre.

Malgré les pertes considérables de cette journée, Lannes fut blessé et Rambaud tné, le généralen chef renouvela lattaque le surlendemain, avecla division Kléber qui venait de rentrer au camp.Cette tentative ne fut pas plus heureuse que lesprécédentes, et coûta la vie au général Bon, ainsiquà une foule dofficiers de marque. Cet effort desassiégeants fut le dernier. Bonaparte considérantque larmée était diminuée dun tiers par les com-bats et les maladies, et que les renforts survenusaux assiégés mettaient toutes les chances de leurcôté, se détermina enfin à renoncer à son en-treprise. Les rapports inquiétants quil reçut delEgypte , contre laquelle la Porte dirigeait unepxpédition maritime, le confirmèrent dans cetterésolution. Il commença à faire filer les blessés etla grosse artillerie, incendia les magasins, ravageala campagne, et effectua sa retraite dans la nuit du20 mai, après avoir fait éprouver une perte consi-dérable à la garnison, qui, avertie des préparatifsde la levée du siège , crut pouvoir éeharper lar-rière-garde dans la tranchée.

Larmée française arrivée le 21 à Tentoura,elle détruisit tout ce quelle ne pouvait emmener,en partit le lendemain pour Jaffa , dévastant sur laroute le pays des Naplouzains, qui venaient har-celer ses flancs. Bonaparte resta trois jours à Jaffa pour en faire sauter les fortifications; scs divisionsqui continuèrent leur marche sur El-Arisch y en-trèrent le 1 er juin. Le passage du désert fut leterme des souffrances de larmée de Syrie : elleretourna ensuite à petites journées dans liutérieurde lEgypte , à lexception de la division Kléber,qui sembarqua sur le lac Menzaleh pour Da-miette . Le général en chef voulant imposer aupeuple, avait ordonné quon lui fit une réceptiontriomphale. Aussi, le retour de larmée au Caire ,le l A juin, fut marqué par des fêtes brillantes ^ef,dans une proclamation qui se ressentait du styleoriental, Bonaparte se vanta aux Egyptiens davoir

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