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1 (1842) Histoire naturelle et sciences accessoires / P. Leblanc
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Iil.OGK

vous glorifiez le souvenir, vous appartenez à une classe dhommes dé-lite qui, disséminés par le temps et lespace , travaillent en silence à lafélicité de leurs semblables : réflexion moins faite pour flatter une va-nité que vous navez pas, que pour réchauffer dans vos cœurs cette viveémulation dont vous êtes pénétrés pour le bien, et vous préparer danslavenir ces mêmes hommages simples et vrais que vous décernez au-jourdhui.

Cette façon denvisager les Eloges, quand je ne laurais pas eue dès leprincipe, lhomme dont je vais vous entretenir me laurait suggérée : levénérable Huzard, le chef des vétérinaires de son temps, le premier dansun art qui embrasserait lanimalité tout entière, si lusage et la nécessiténe lavaient restreint aux seuls animaux domestiques. Pris toutefois dansces strictes limites, quel riche sujet de méditations ! et pour léconomiepolitique , pour lagriculture et lindustrie ; pour la physiologie, pourla médecine, et même pour la philosophie morale , quelle inépuisablesource de renseignements et de préceptes ! Notre orgueil sen offenseraiten vain. Les animaux subsisteraient sans lhomme ; lhomme ne sauraitsubsister sans les animaux. Yoilâpourquoi, dans lordre de la création,les animaux ont précédé lhomme. Lhomme na paru quaprès eux ,parce que cest par leur secours, parce que cest à leurs dépens quildoit vivre. Jetez en effet les yeux sur le globe , et demandez-vous ceque deviendraient toutes ces nations dont il est couvert, si tout à coupune main fatale arrachait des mains de lhomme ces esclaves quil sestassujettis, ces mêmes animaux qui, de leur enveloppe extérieure aussibien que de leur propre chair, aussi bien que de leur force , de leurintelligence et de leur courage , le servent, lhabillent, le nourrissent,lui épargnent les excès de la fatigue , les sévérités de la température,les horreurs du dénûment et de la faim ; qui le protègent contre la fé-rocité de ses ennemis naturels, et qui, enfin , associés à ses fureurs , jeveux dire à ses gloires, combattent avec lui contre sa propre espèce.Représentez-vous , dis-je , lhomme dépourvu tout à coup de ces auxi-liaires : que de travaux suspendus ! que dindustries éteintes ! quelleeffrayante calamité ! Lhomme ne va-t-il pas périr avec eux ? La terrene sera-t-elle pas déserte ? Que feraient de pis les déluges et le feu desvolcans ? Et jamais lhomme, ainsi réduit à lui-même , eût-il été pluscruellement averti de sa dépendance et de sa faiblesse?

Il faut donc le reconnaître : de toutes les richesses des peuples, lapossession des animaux utiles serait la principale richesse, et le plus