DF, J.-B. HUZARD.
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solide fondement de leur prospérité. D'où naît en effet la richesse ? Ellenaît du travail. Le travail lui-méme est l’œuvre d’un mouvement quel’intelligence conduit. Or, tout animal domestique est, à la lettre , unmoteur qui se ranime par la nourriture, qui se perpétue par la généra-tion, et qui, renonçant pour ainsi dire à son être moral, se remet dansles mains de l’homme pour augmenter sa puissance et 11’ètre plus quele docile instrument de ses volontés. Ici donc le serviteur et le maîtres’identifient pour ne faire plus qu’un ; leur bien-être est mutuel : con-server l’un, c’est conserver l’autre; et de c.ette réciprocité sortiraient lessalutaires maximes qu’auraient à suivre les chefs des Etats, encore plusque les particuliers , pour régler le nombre , la distribution , l’éduca-tion , le choix de ces précieux animaux ; pour assurer le perfectionne-ment des races, la permanence des belles formes et des heureuses apti-tudes: pour les approprier de plus en plus aux travaux si vaiiés quenécessite l’état social ; pour les rapprocher de plus en plus de l’hommelui-même, et leur mériter enfin l’insigne honneur qu’ils ont déjà reçud’Hésiode et d’Aristote , l’honneur de figurer entre les membres de lafamille humaine, c’est-à-dire entre les éléments essentiels de toutesociété.
Pénétré de l’extrêine nécessité des animaux, l'homme, après les avoirsubjugués , fit pour eux ce qu’il faisait pour lui-même : il chercha lesmoyens de les conserver. De là est née la médecine vétérinaire ; cettemédecine de laquelle je pense avoir esquissé l’histoire dans une suitede paragraphes dont je dois vous épargner ici la lecture, pour ne vousen offrir que les principaux traits. L’Egypte , la Phénicie , la Chaldée,la Chine elle-même, l’ancienne Grèce et l’ancienne Italie ; des philo-sophes , des naturalistes, des médecins, des agronomes, des mission-naires ; Xénophon , Aristote , Hippocrate , Caton, Yarron, Columelle ,l’excellent père Cibot ; j’ajoute des poètes, des historiens, des voyageurset des artistes : voilà mes sources . voilà mes autorités. Du temps deYarron, la médecine vétérinaire était enseignée : mais comment l’était-elle ? et par qui? Science, du reste, d’après Varron lui-même, et j’osedire encore d’après l’élégant et sage Columelle , science informe et plu-tôt défigurée ; car s’il est vrai que Celse ait écrit cinq livres sur l’agri-culture et sur la médecine des animaux , il est probable que cet ou-vrage était digne de celui qu’il a laissé sur la médecine humaine , etque c’est un chef-d’œuvre de plus à déplorer avec tant d’autres. Par là,du moins, nous comprenons comment, dans l’âme de Virgile , le talent
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