DE J.-B. HUZARD.
XXV
supérieure à la première, non par le mérite des études ou des profes-seurs, mais par les développements qu’elle reçut, et par l’éclat que de-vait lui donner le voisinage de la capitale.
C’est dans cette dernière école que J. B. Iluzard fit ses pre-mières études. Il naquit à Paris , le 3 novembre 1755, le surlendemaind’un jour rendu à jamais fameux par le tremblement de terre de Lis bonne . Son père était un simple maréchal. Il fut confié, jusqu’à l’âgede treize ans, aux soins des Petits-Pères, saints religieux dont Iluzardne parla toute sa vie qu’avec attendrissement. Ses treize ans achevés,son père le fit recevoir à l’école d’Alfort. Cette école était dans les mainsde Bourgelat et des professeurs qu’il avait formés. Ou y avait préparépour les élèves des salles d’études, de dissection, de démonstration ; deslaboratoires ; une pharmacie, un jardin des plantes ; des forges, deshôpitaux; une ménagerie destinée aux animaux étrangers. On y voyaitdes béliers d’Espagne , de Barbarie, du Cap et des Indes; des boucs desIndes et d’Angora ; des cerfs d’espèces particulières ; une cicogne, unlama, une vache des Indes ; des oies, des canards de tous les pays; unchoix de poules etde pigeons de toutes les races et de toutes les variétés.A l’aspect de tant d’objets si attrayants et si nouveaux , l’élève sentaitses idées s’agrandir, et n’avait plus d’horizon que le monde. Des instruc-tions en grand in-folio tapissaient les salles, les forges, les infirmeries.La science respirait partout; les murs mêmes parlaient, et ce langagemuet, allant droit aux esprits, les inclinait au travail et à la discipline.Que ces temps sont loin de nous, et qu’ils sont méconnus ! On n’y re-vient jamais sans être pénétré de deux sentiments : de cet amour du bienqui était dans tous les cœurs ; et du respect qu’inspire le savoir lorsqu’ilest simple, modeste et désintéressé. On le croirait à peine : tout cegrand appareil de bâtiments, de jardins, de laboratoires et d’instru-ments ; tous les frais, soit pour l’entretien des animaux, soit pour celuide plus de deux cents élèves, soit pour les honoraires des directeurs etdes maîtres, soit enfin pour la solde des subalternes; toute cette dé-pense n’excédait presque jamais, chaque année, pour les deux écoles,la somme de 60,000 francs. Le produit des terres acquittait à Alfort lesréparations du château principal ; et, si ce fonds ne suffisait pas, le di-recteur y suppléait du sien. A côté de ce résultat de compte, j’en mettraideux autres. En moins de vingt années, l’école a donné à la France età l’Europe plus de six cents vétérinaires éclairés. Un grand nombred’entre eux, Français ou étrangers, s’est illustré par d’excellents ou-