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1 (1842) Histoire naturelle et sciences accessoires / P. Leblanc
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KI.OGK

voyage et circule dans tou t les membres. 11 disait tout haut ce que d'au-tres nosaient presque murmurer à loreille , et ce que Harvey ne dé-montra que soixante ans plus tard. Le nom de la Reyna nen sera pasmoins léternelle gloire de la médecine vétérinaire et même de lEs­ pagne ; de cette Espagne à qui Feijoo reproche de ne pas rendre à seshommes de génie les honneurs qu'elle .en a reçus.

Mais nous voici dans des temps qui touchent au nôtre. Nous entronsdans le siècle de Solleysel, de Garsault, des deux Lafosse, de Yitet, deChabert, de Flandrin , de Bourgelat et de Huzard, son élève et sonami ; car il est des noms quon ne doit point tirer de loubli ils sonttombés; de même quà légard des écuyers célèbres, qui, dès la renais-sance des lettres, firent lornement de lItalie , et qui eurent des rivauxen Angleterre et en France , je nen dirai quun mot : cest quils furenttous éclipsés par Bourgelat . Cet homme rare, jai presque dit cet hommede génie, était avec une grande variété de talents. Livré aux lettres,il eût brillé parmi les écrivains, personne nayant porté plus loin quelui, dans ses ouvrages, celte sorte délégance qui tient à la clarté, àlordre, à la précision. Ami intime dedAleinbert, ilfut en correspondanceavec Voltaire , avec Buffon, avec lord Peinbroke, avec le grand Haller,avec lillustre Bonnet. Le premier de sa profession, il eut lhonneur desiéger dans lAcadémie des sciences ; et, touché de sa juste renommée, legrand Frédéric le fit recevoir dans lAcadémie de Berlin . Mais ce genrede gloire lui étant, pour ainsi dire, étranger, Bourgelat chercha la siennedans des entreprises de bien public. Passionné pour le cheval, il con-çut, dans un âge avancé, le hardi projet de créer la médecine de cenoble animal et celle des autres animaux domestiques. Il voulut ensuiteformer en France des écoles cette médecine serait enseignée danstoutes ses parties. Ami de lexcellent ministre Bertin, il obtint, en 1761,létablissement dune première école, dans lun des faubourgs de Lyon .Presque aussitôt une épizootie éclata. Malgré leur peu dexpérience,les élèves envoyés par Bourgelat sur le théâtre du mal lui décrivirentsi exactement la maladie, et Bourgelat fut si heureux dans le choix desremèdes, que le mal sévanouit. A ce spectacle, la France et lEurope sémurent. Un zèle pour la médecine vétérinaire prit feu partout. LaSuède , le Danemark , la Prusse , lAutriche , la Suisse , la Sardaigne envoyèrent des élèves se former à lécole de Lyon. Lécole devint écoleroyale, et le ministère se crut dans la nécessité den élever une secondequi fût à sa portée. Alfort fut choisi; nouvelle école qui fut bientôt