DK J.-B. HUZARD. XXV1J
Huzard Dans le tout» de huit années, de 1773 a 1780, lluzard avaitsoigneusement, observé, sur cinq espèces d'animaux domestiques, unesuite de maladies fort diverses. Il en fit pour la Société royale le textede plusieurs mémoires qui lui valurent deux fois la médaille des grandsprix. Dans un de ces mémoires,,il expose les heureux effets du sublimécontre le larcin ; maladie commune au clieval, à l’âne et au mulet; quele bœuf peut contracter ; qui s’attaqueaux tempéraments lymphatiques,et qu’en 1776 .lalousel avait complètement guérie par ce remède. Cesuccès, s’il eût été constant, eût en partie justifié l’étrange conjecturede Van Helmout sur l’origine de la maladie vénérienne; mais, soit fautede discernement daus l’administration du sublimé, soit qu’étant iden-tique dans un petit nombre de cas, le farcin ne le soit pas dans uneinfinité d’autres, ou que le vrai caractère du mal ait été masqué par lessystèmes, car la médcxine vétérinaire a aussi, les siens, ce médicamentest aujourd’hui rejeté dans la foule de ceux qu’on a vantés et qu’on aproscrits. Qu’en conclure? Que cette question, comme beaucoup d’autres,n’est pas une question décidée, et qu’il serait à propos d’y revenir.
Dans un autre mémoire, liuzard traite des eaux aux jambes, maladiepropre aux mêmes animaux que le farcin , et dans les memes propor-tions; comme lui, familière aux lieux bas et humides, inconnue dans leslieux secs et élevés ; qui attaque les extrémités des jambes, parties d’uuestructure plus complexe et plus solide, mais aussi plus souvent et plusviolemment exercées ; dangereuse par elle-même et par ses suites na-turelles, mais surtout encore par les transformations qu’un mauvaistraitement lui fait subir; maladie qui se présente à l’esprit sous undouble aspect; qui ne serait que locale, puisque, depuis Huzard, la seulepropreté l’a rendue beaucoup plus rare en France , et l’a fait disparaîtrede la cavalerie anglaise ; qui dépendrait, au contraire, d’une cachexieuniverselle, ppisqu’en la supprimant on en a fait sortir une légion demaux divers et d’accidents mortels. Cet opuscule, que Huzard a repro-duit dans Y Encyclopédie méthodique, est, j’ose le dire, empreint d’unvéritable génie médical. Selon lui, les eaux aux jambes sont quelque-fois contagieuses. Quinze ans plus tard, Jenner en a fait dériver lecow-pox et le vaccin. Ce sentiment est-il fondé? Nouvelle question quelaissent encore indécise les expérimentateurs d'Angleterre, de France etd’Italie . Leurs contradictions permettraient du moins de supposerque toutes ces maladies ont entre elles une affinité secrète, que letemps rendra plus manifeste. J’oserai même y comprendre la morve et