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le farcin, puisque, sous les yeux de Chabert, les eaux imprudemmentsupprimées se sont converties en morve et en farcin, deux maladies quipassent en Angleterre pour être absolument identiques.
Un problème s’offrit de bonne heure à Huzard. Presque-toutes lesvaches laitières de Paris périssaient de phthisie pulmonaire. Ayant dé-couvert qu’un commencement d’embonpoint était le premier signe dela maladie, Huzard conseille aux nourrisseurs de livrer sur-le-champ lachair de ces animaux à la consommation. Conseil très-utile aux nour-risseurs, mais pour le public, L’était-il? scrupule sur lequel Huzard futrassuré par ses recherches. Etaient-elles suffisantes? L’instabilité de lamatière, et surtout de la matière animale, cette sorte d’inquiétude quila remue sans cesse et la porte à des milliers de combinaisons insolites,étranges, vénéneuses, cette inquiétude de la matière n’en doit-elle passusciter dans les idées de l’observateur? et peut-il être indifférent de senourrir d’une chair saine, ou d’une chair altérée par la maladie?
Une instruction qui se rattache à ce sujet parut en 1785, rédigée d’a-bord par Chabert, reprise par Huzard, imprimée plusieurs fois pat-ordre du gouvernement, et honorée de deux traductions italiennes, l’unepar le comte de Bonsi, l’autre par Parolletti et Buniva. Elle porte sur lamanière de conduire et de gouverner les vaches laitières. L’auteur,entre autres préceptes, insiste sur la nécessité d’assurer au jeune veau,pour premier aliment, le lait de sa propre mère : ce lait, qui chassedoucement, on le sait, le méconium hors des cavités intestinales. Linné traite la même question par rapport à l’enfant. Il rejette le lait tropavancé des nourrices. Ce lait ne chasse qu’imparfaitement le méconium.Le méconium, retenu, absorbé, mêlé au sang et porté avec le sang dansles solides, leur fait prendre un tour vicieux de composition qui sera,selon Linné , pour tout l’avenir, une source inépuisable de maux. Dansun enfant mort quelques heures après sa naissance et qui n’avait paspris de lait, on a vu le système circulatoire rempli d'une pâte inodore,de couleur et de consistance de chocolat. D’où venait cette pâte? Etait-cedu sang altéré? Mais comment l’était-il ? Etait-ce en partie le méconiumpompé, même après la mort, parles veines affamées, ou versé dans lesvaisseaux par le système absorbant? Dilïicultés que je propose sans lesrésoudre. Quoi qu’il en soit, c’est d’après cette instruction qu’ont étéfaites à Paris les premières ordonnances de police touchant les vache-ries et la vente du lait.
J’ai parlé de 1 ’Encyclopédie méthodique. Elle comprend, on le sait, un