DE J.-B. HUZ.VliD.
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la vitesse et la force! A la beauté, à la majesté d'une organisation si par-faite, comment ne répondrait pas le sentiment dont elle est animée?Que de traits touchants de tendresse, d’intelligence et d’intrépidité!Quelle exactitude et quelle ténacité de mémoire! Si quelquefois lecheval résiste à l’homme, c’est encore pour le servir. Enfin, après avoirparlé des allures de ce bel animal et de ce qui doit régler le choixqu’on en veut faire, Huzard s’occupe du cheval sauvage et du chevaldomestique ; il établit les caractères qui les distinguent, et finit parprendre le cheval sauvage comme le cheval primitif, comme la tigeoriginelle de toutes les races connues.
Quoi qu’il en soit de cette opinion, Huzard serait, du moins parminous, le premier écrivain que l’érudition et la logique auraient préservéd’une erreur partagée, j’ai presque dit consacrée par les plus grandsgénies. On a dit, on a répété, on a consigné dans les meilleurs ouvra-ges, que la véritable patrie du cheval est l’Arabie; qu’en Arabie, laculture de ce bel animal se perd dans la nuit des temps , et que c’est del’Arabie qu’il s’est répandu sur toute la terre. Consultez l’histoire : loind’appuyer le moins du monde ce sentiment, elle le rejette par les dé-mentis les plus formels. Le plus ancien de tous les monuments litté-raires, le livre de Job peint à la vérité le cheval de guerre ; mais Jobécrivait en syro-chaldéen. En quel lieu? dans quel siècle? avec quil’Arabie était-elle en guerre? Si Job était Arabe, et si tout Arabe nour-rissait des chevaux, pourquoi n’en a-t-il pas un seul ? Moïse ne cite queles chevaux d’Egypte ; c’est de l’Egypte que Salomon tirait les siens.Voyez l’étonnante statistique de Tyr par Ezéchiel . Tyr recevait d’Arabie toute autre chose que des chevaux ; elle n’avait que ceux de Cappadoce ou d’Arménie . Xerxès marche contre la Grèce à la tête de plus d’unmillion d’hommes; il a une cavalerie nombreuse : les Arabes en fontpartie, et ne montent que des chameaux. C’est que le chameau est lapropriété de l’Arabe, comme le cheval est la propriété du genre hu-main. Lorsque César met le pied dans la Gaule et dans la Bretagne , leschevaux- gaulois, si estimés des Romains, les chevaux infatigables desBretons, provenaient-ils d’Arabie? Est-ce l’Arabie qui alimentait lesharas de l’Epire , de la Thessalie, du Péloponnèse , et ces magnifiquesharas de la Médie, où l’on voyait à la fois i5o,ooo chevaux, les plusbeaux du monde? Est-ce l’Arabie qui avait peuplé tout le nord de l’Eu rope de ces chevaux sauvages que l’on y voyait encore du temps dePline? Est-ce elle qui avait donné à toute la Scythie ces chevaux si