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1 (1842) Histoire naturelle et sciences accessoires / P. Leblanc
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XXXII
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Ce que dit Homère sur l’homme tombé dans l’esclavage, on le dirait àplus forte raison de l'homme ainsi dégradé ; et, du reste, arrachez autaureau sa fureur en lui arrachant un organe ; qu’il soit à ce prix flexibleet docile; mais pour le cheval, pour cet être si beau, si fier, si géné-reux, si sensible, dont l’Inde, la Perse, l’Arabie, l’Espagne même etl’Italie respectent l’intégrité ; pour cet être que la colère emporte, maisqu’apaise et soumet une simple caresse ; qui une fois familiarisé avecl’homme le préfère à tout, à la liberté, à lui-même, à ce point que toutà l’heure il versera pour lui tout son sang; quel sacrilège! quel ou-trage! que la victime en est cruellement affectée! et, pour le maître quila mutile, quel aveuglement de se retrancher à pure perte tant de tré-sors de force, de dévouement et de courage! Je l’avoue, toutefois, ilest sur ce point des exceptions que j’indiquerai dans un moment, deces exceptions que Lycurgue lui-même faisait pour ses concitoyens. Maisj’ai hâte d’aller à ce que Huzard a écrit sur le cheval. 11 en a fait le sujetde deux grands articles, l’un dans Y Encyclopédie méthodique, l’autredans le Dictionnaire d'histoire naturelle, publié par Déterville. Malgréles trente-quatre années qui les séparent, qu’il me soit permis de lesrapprocher, car ici l’analogie des matières importe plus qu’une vainechronologie. Le premier article manque d’unité. C’est d’Obsonville, c’estNiébuhr, c’est Moreau de Saint-Méry , c’est Bourgelat, qui, à des inter-valles marqués par Huzard, se succèdent pour porter la parole. Mais, si,devant un maître qui l’a formé, si, devant des voyageurs qui rapportentdes faits curieux, Huzard s’est effacé, c’est lui qui paraît seul dans lesecond article. Là sa première pensée est qu’en célébrant la plus nobledescréatures après l’homme, la poésie la plus sublime, l’éloquence la'plusmagnifique, Job, Virgile, Oppien, Buffon , Bossuet, Homère lui-mêmeavec ses vives épithètes, sont encore au-dessous de leur modèle. Il faitvoir ensuite comment le cheval est moins l’esclave que l’allié des na-tions. Avec lui, opulence, prospérité, victoire; sans lui, misère, défaite,servitude. N’est-ce pas le cheval qui a conquis tant de fois et si rapide-ment toute l’Asie? N’est-ce pas lui qui a tant de fois protégé la Chine ?Et, si ce grand empire est tombé sous le joug, n’est-ce pas que, ingrati-tude ou paresse, il avait oublié son défenseur? De là Huzard passe à ladescription du cheval ; il en parcourt toutes les parties l’une aprèsl’autre ; puis il les rapproche et les unit pour en faire sentir les pro-portions, l’harmonie, l’équilibre : comment, dans ce merveilleux en-semble, tout est calculé pour la souplesse et la solidité , pour la grâce,