,58 ESSAI GENERAL
Le premier de ces objets , enseigné mêmehors du service, devroit entrer dans l’éduca-tion de toute la jeunesse du royaume. Qu’enFrance , où le prince est tout, où son exempleest législateur, où ses mœurs déterminent lesmœurs publiques, un roi veuille ramener sescourtisans à une vie agissante et militaire; quela sienne soit telle, qu’il fasse élever ses enfansdans ce principe, qu’il assiste à leurs exercices,qu’il llélrisse de son indifférence les jeunesgens oisifs, voluptueux, ignorans , qu’il dis-tingue les autres ; bientôt on verra disparoîtrela mollesse, le libertinage, la débauche obscureet ruineuse, et tous les petits vices qui dégra-dent les grands seigneurs : bientôt à la généra-tion actuelle succédera une génération propreà la guerre et à la gloire. Ce champ de Marsque l’herbe couvre , et dont la Seine baigneinutilement les bords, ressemblera à ce champfameux qu’arrosoit le Tibre , on s’y exercera àvaincre; les statues de Henri, de Condé , deTurenne , en décoreront l’enceinte, elles crie-ront à leurs descendans , ces piédestaux t’at-tendent. De la cour et de la capitale, l’espritd’honneur et de courage passera dans les pro-vinces étonnées. La noblesse, revenue des pe-tites jouissances de luxe et de mollesse, abon-donnera les villes pour rentrer dans scs châ-